Économie – Social

Un garage solidaire propose des voitures à six euros par jour pour les travailleurs précaires dans le Jura et le Doubs

Par Naïs Esteves et Lila Lefebvre, France Bleu Besançon vendredi 11 août 2017 à 11:30

Le garage solidaire de Lons-le-Saunier et Pontarlier récupère, répare et loue des voitures aux travailleurs précaires.
Le garage solidaire de Lons-le-Saunier et Pontarlier récupère, répare et loue des voitures aux travailleurs précaires. - ©garagesolidairedujura.fr

Le garage solidaire de Lons-le-Saunier et Pontarlier propose des voitures à la location pour les travailleurs précaires. Une mobilité retrouvée qui redonne le sourire aux bénéficiaires grâce à ces véhicules récupérés et réparés.

C'est un garage comme les autres, avec ses outils, ses ponts et ses employés. Mais le garage solidaire de Lons-le-Saunier et Pontarlier est rattaché à une association pour aider les travailleurs précaires dans leur mobilité. Les employés sans moyens de locomotion peuvent donc louer une voiture auprès du garage pour six euros la journée, six mois maximum.

L'idée est venue à Christophe Gruet qui s'est inspiré d'un garage similaire à Grenoble : "Ils faisaient ça : récupérer des voitures, les réparer et les louer". Il importe donc le concept à Lons-le-Saunier "avec des garagistes partenaires et le Département", explique le créateur du projet. Avant d'exporter le concept à Pontarlier dans le Haut-Doubs : "C'est le Département qui est venu nous rencontrer, voir comment on fonctionnait. Et ils nous ont dit "tient on voudrait faire la même chose sur Pontarlier, il y a un réel besoin donc on les a accompagnés". Depuis, le garage solidaire loue 25 voitures par mois, dont six à Pontarlier.

"Ça m'enlève une épine du pied, c'est le top", Eric Surieux qui a loué une voiture cinq mois

Une solution pour les travailleurs précaires

Les bénéficiaires sont tous des travailleurs puisqu'il "faut présenter un contrat de travail ou un document prouvant que c'est pour une formation", explique Christophe Gruet. Et précaires car le garage se base sur le quotient de la Caisse d'allocation familiale, "inférieur à 750" pour pouvoir louer une voiture à moindre coût. C'est ce qu'a fait Eric Surieux, 55 ans, auxiliaire de vie quotidienne. Il loue un Scénic depuis cinq mois : "Ça démarre au quart de tour, c'est impeccable", se réjouit-il en allumant le moteur, un son qui lui redonne le sourire. Il y a cinq ans, il l'avait perdu quand sa voiture est tombé en panne alors que pour son métier il doit parcourir tout le Haut-Doubs : "J'étais en intérim et je n'avais plus de voiture donc le problème c'est que je ne pouvais pas accepter des missions où il fallait obligatoirement une voiture. Donc j'ai pratiquement passé un mois au chômage". En janvier, c'est sa conseillère Pôle Emploi qui lui parle du garage solidaire alors il signe un contrat un mois plus tard et loue une voiture pour six euros par jour. Depuis, il a assez d'argent pour s'en acheter une, toujours auprès de garage solidaire.

Le garage vend des véhicules moins de 3.000 euros, carte grise incluse et fait aussi des réparations, 40 % moins cher qu'un garagiste "classique".

Eric Surieux a pu retrouver un travail grâce au garage solidaire.