Économie – Social

Un groupe chinois fait une offre pour racheter le voyagiste toulousain Fram

Par Jean Saint-Marc, France Bleu Toulouse mardi 13 octobre 2015 à 15:00

Fram emploie 560 personnes dont environ 400 sur l'agglomération toulousaine
Fram emploie 560 personnes dont environ 400 sur l'agglomération toulousaine © Radio France - Jean Saint-Marc

Après le rachat cet été de 49,99% du capital de l'aéroport Toulouse-Blagnac par un consortium chinois, le groupe chinois HNA a déposé ce mardi une offre de reprise du voyagiste Fram, en grande difficulté. Ses actionnaires doivent se prononcer dans les prochains jours. Les salariés eux sont inquiets.

Après l'aéroport de Toulouse-Blagnac cet été, c'est désormais le voyagiste Fram qui pourrait passer sous pavillon chinois. L'entreprise toulousaine annonce ce mardi avoir reçu une "offre ferme" (c'est-à-dire sans procédure devant le tribunal de commerce) de rachat de la part du conglomérat HNA. Cet immense groupe chinois s'est associé avec le français Selectour-Afat : HNA propose de racheter 90% des actions Selectour-Afat en reprenant 10%. 

Les actionnaires de Fram (dont le capital est détenu à 80% par des membres de la famille fondatrice, Marie-Christine Chaubet et son demi-frère Georges Colson, doivent se décider dans les jours à venir. Car il y a une autre offre sur la table : celle du français Karavel-Promovacances. Mais à la différence des chinois de HNA, le groupe Karavel n'a pas fait "d'offre ferme" : il attend un passage devant le tribunal de commerce. Car Fram est en grande difficulté depuis 2008 et le printemps arabe.

Officiellement chez Fram, on se réjouit de cette offre chinoise : "c'est une deuxième étape après un audit financier qui s'est terminé début octobre. On se félicite qu'un gros groupe étranger s'intéresse à notre savoir-faire !" 

On s'en fiche que l'argent soit chinois, auvergnat ou martien, l'important c'est qu'on puisse continuer à travailler !

Les salariés toulousains eux sont franchement inquiets ce mercredi à la sortie des bureaux : "bien sûr qu'il y a des craintes... On est tous suspendus sur Internet, on attend les infos !" lance ce salarié qui affiche 27 ans d'ancienneté chez Fram. Selon une autre employée "l'ambiance est très tendue ces jours-ci. Certains commencent à compter leurs points de retraite, d'autres se demandent quelle somme ils pourraient toucher en cas de licenciement !"

On attend, on attend... c'est fatigant !

Selon des médias spécialisés, en cas de reprise par HNA, 20% des effectifs pourraient faire l'objet d'un plan social (PSE, plan de sauvegarde de l'emploi). Un chiffre qui préoccupe les employés de Fram même si beaucoup sont déjà résignés : "une entreprise qui perd du chiffre d'affaires de toute façon ça n'embauche pas !"

La plupart d'entre eux n'ont pas de préférences entre les deux offres : "on s'en fiche que l'argent soit chinois, auvergnat ou martien... L'important c'est qu'**on puisse continuer à travailler !" En revanche tous ont hâte que les actionnaires tranchent : "on attend, on attend... c'est usant, fatigant ! On aimerait bien que ça avance." Les actionnaires doivent prendre leur décision dans les prochains jours, sans doute d'ici la fin de la semaine.

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