Économie – Social

Un habitat participatif pose sa première botte de paille à Bègles

Par Xavier Ridon, France Bleu Gironde dimanche 15 février 2015 à 6:00

La Ruche de Bègles devrait ressembler à cette simulation en 2016.
La Ruche de Bègles devrait ressembler à cette simulation en 2016. © DR

Une maison en paille va se construire à Bègles. Elle s'appelle la Ruche. La première botte a été posée ce samedi matin par le maire, Noël Mamère. C'est le premier projet d'habitat participatif de ce type qui voit le jour dans la métropole.

Onze foyers vont s'installer dans la Ruche de Bègles d'ici un an, soit une trentatine de personnes (couples, enfants, célibataires), dont une partie est en accession à la propriété. C'est un habitat participatif qui s'installe près du Stade André Moga. Cette construction ravive les mémoires de ceux qui se souviennent des Castors, quand 150 ouvriers qui à Pessac en 1948 ont trouvé la solution pour contrer la crise du logement. Ils ont tout simplement fait sortir de terre un quartier de leurs propres mains.

Deux ans de travail

L'habitat participatif, c'est une idée similaire : les habitants ont participé à sa construction. Durant 2 ans, ils ont débattu, ont fait le cahier des charges, choisi les architectes et choisit les matériaux pour faire cette ruche : du bois et de la paille, car la légende dit faux. La paille n'est pas fragile.

"La fable des Trois petits cochons nous dessert beaucoup. Les industriels ont fait valoir cette fable. Il faut arriver à casser ces a priori, car en effet la paille est plus résistante que le parpaing au feu." — Hugues Joinau, l'un des deux architectes

"La paille est plus résistante que le parpaing au feu"

C'est donc à remettre en avant :

"On ne fait que remettre aux goûts du jour des constructions qui devraient être généralisées. Ça permet de mettre en avant des filières locales." — Alexandre Crampes, l'un des deux architectes

Pour la paille, c'est vrai, mais pour des raisons techniques le bois doit venir d'Europe du Nord. En tout ca,s les artisans et ouvriers seront eux-aussi locaux. Le charpentier est à Bordeaux, le menuisier habite dans la même rue bèglaise que La Ruche. Tous ont été choisis suivant le cahier des charges qui a été élaboré pendant deux ans par les futurs habitants. Un travail de longue haleine pour des objectifs ambitieux selon les futures habitants.

"Il faut choisir des architectes et réaliser un habitat à la carte qui soit en plus écologique." — Angéline, future habitante

C'est aussi une nouvelle manière de vivre-ensemble.

"Chacun a son appartement, on a une pièce commune, le jardin commun. Mais l'habitat participatif n'est pas une communauté." — Bakhta, future habitante

En tout cas, une trentaine de personnes devraient y emménager ici dans un an.

"L'habitat participatif n'est pas une communauté"