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Économie – Social

Un mois et demi après son lancement, la monnaie locale de Prades réalise des débuts timides

mercredi 14 mars 2018 à 4:40 Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Roussillon

Le soudaqui, monnaie locale lancée dans le canton de Prades (Pyrénées-Orientales) le 27 janvier, réalise des débuts timides. Les consommateurs sont encore peu informés de son existence et les commerçants restent réticents.

Les soudaquis se présentent sous forme de billets, de 1 à 5 soudaquis.
Les soudaquis se présentent sous forme de billets, de 1 à 5 soudaquis. © Radio France - Clémentine Vergnaud

Prades, France

Le soudaqui réalise des débuts timides. La monnaie locale, lancée dans le canton de Prades (Pyrénées-Orientales) le 27 janvier, séduit petit à petit, un mois et demi après son lancement. Elle permet de faire ses courses chez les commerçants partenaires, après avoir échangé son argent (1 euro contre 1 soudaqui) chez les commerçants qui font office de banque d'échange. L'objectif est de privilégier le commerce local et les circuits courts dans une économie fermée. Pour l'instant, le soudaqui est peu connu des consommateurs et suscite encore les réticences de nombreux commerçants. 

Des consommateurs peu informés

Si le projet a démarré avec une quinzaine de commerçants, ils seront une trentaine fin mars. Au total, plus d'une centaine de personnes sont inscrites et 2.000 euros ont été échangés en soudaquis. Si ces chiffres sont encourageants, le soudaqui reste encore relativement confidentiel. Sur le marché des producteurs de Prades, quand on cite le nom de la monnaie locale, les consommateurs s'interrogent : "C'est quoi ?", questionne l'un d'eux. "Je ne connais pas", affirme un autre. 

Ils sont peu nombreux à avoir adopté la monnaie locale pour l'instant, comme Elisa, qui n'a pas un seul soudaqui dans son portefeuille. "Mais ça ne va pas tarder j'espère !", sourit-elle. Le projet la séduit : "C'est une idée intéressante. De toute façon, on a envie que ce qu'on dépense, non seulement on le dépense pour de bons produits, faits ici, mais que ça reste ici aussi. C'est important."

Des freins pour les commerçants

C'est tout l'intérêt du soudaqui : booster l'économie locale. "On s'aperçoit que ça permet que cet argent tourne plus vite et fasse travailler essentiellement des producteurs locaux, des gens du secteur", se réjouit Maxime Ferrer, opticien à Prades et co-président de l'Union des commerçants Prades cœur de ville. Il a déjà fait 60 euros de ventes en soudaqui et convaincu 10% des commerçants de la ville de le rejoindre dans l'aventure. Il cherche également des fournisseurs locaux avec qui il pourrait commercer en soudaquis.

Mais pour d'autres, difficile de franchir le pas. Le soudaqui freine certains commerçants à cause des contraintes qu'il induit. "Ce n'est pas si évident que ça. On ne peut pas rendre la monnaie en euros sur des soudaquis", déplore Geneviève Espeut, maraîchère près de Prades. "Si la facture est de 3,75 euros, la personne doit nous donner 3 soudaquis et 1 euro pour qu'on rende la différence sur les 75 centimes d'euros." La maraîchère n'exclut pas de passer au soudaqui mais elle assure que ce sera difficile à gérer quand la file d'attente sera longue devant son étal.

Les grosses enseignes, pourquoi pas 

Pour élargir son panel de commerçants, le soudaqui s'ouvre de plus en plus. Les porteurs de projet ont assoupli les conditions d'entrée pour séduire plus de monde. "Au début on était partis sur du local et du bio et on a rajouté deux autres possibilités, c'est-à-dire faire partie du tissu économique de Prades et le volet social", détaille Alain Vivès, l'un des porteurs du projet. Cela a notamment permis à des enseignes qui sont présentes dans le secteur depuis plusieurs décennies d'être acceptées, même sans produire bio et local.

Quid des grandes enseignes qui sont présentes dans le canton ? "Le gros, pour l'instant, ce n'est pas encore notre priorité", tranche-t-il. Mais il n'exclut rien : "Des gros magasins sont intéressés dans le centre-ville de Prades. Ils pourraient changer leur image grâce à ça." 

Le soudaqui a donc encore des progrès à faire pour séduire. D'après ses promoteurs, la monnaie locale mériterait aussi un petit coup de pouce des collectivités locales, frileuses à appuyer le projet.