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Économie – Social

Un patron bordelais invite le nouveau ministre de l'économie dans son entreprise

vendredi 29 août 2014 à 18:04 Par Yves Maugue, France Bleu Gironde

Arnaud Chedhomme est le patron de la Charcuterie Bordelaise, une entreprise qui emploie 70 personnes à Villenave-d'Ornon dans l'agglomération bordelaise. Il demande au nouveau ministre Emmanuel Macron de venir se rendre compte sur place des difficultés des PME. Interview.

Un patron bordelais invite le nouveau ministre de l'économie dans son entreprise
Un patron bordelais invite le nouveau ministre de l'économie dans son entreprise
Arnaud Chedhomme, le directeur de la Charcuterie Bordelaise. - Aucun(e)
Arnaud Chedhomme, le directeur de la Charcuterie Bordelaise.

Vous lancez un appel à Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l'Économie ?

Arnaud Chedhomme : On a encore nommé un énarque, normalien, etc... Mao avait proposé que les intellectuels viennent dans les champs. Nous, on devrait faire venir les énarques passer au moins une demi-journée dans nos PME pour qu'ils voient enfin ce qu'est le vrai boulot d'un chef d'entreprise et tous les "emm..." que l'on doit gérer. Et puis tous les freins au développement que l'on subit tous les jours. Si on dépensait 30 % de l'énergie négative en énergie positive vers nos clients, on emploierait des milliers de personnes supplémentaires.

Il faudrait prendre exemple qur le fonctionnement de l'Allemagne par exemple ?

Quand vous voyez qu'en Allemagne, on incite les entreprises de 49 salariés à passer directement à 200 salariés et que tout est fait pour les aider, nous en France on a juste envie de rester à 49. Une étude récente disait qu'à 49 salariés, les patrons cherchent à vendre leur entreprise. C'est absolument anormal. On devrait encourager les patrons, les inciter à se développer, les choyer. Et ça n'est pas le cas. Par exemple, nous Charcuterie Bordelaise, nous avons investi plus de 6 millions d'euros dans notre outil de production. Le lendemain matin, la peinture n'était pas encore sèche, on avait trois recommandés pour des contrôles fiscaux. Vous pensez que ça donne envie de vous battre ? Vous n'avez qu'une envie, c'est vous barrer.

Le tableau est-il si noir que cela ?

Il y a des gens très bien dans l'administration qui se battent pour vous. C'est réellement un problème de système qui bloque le développement. Prenez l'export. Quand vous avez un dossier export, ça passe par deux organismes en France puis par les services du pays concerné. Vous voulez vendre au Japon, le temps que ce soit instruit par les services vétérinaires puis par France Agrimer puis par les services japonais, ça prend au moins 6 mois.

"On ne donne que des queues de cerise aux PME." — Arnaud Chedhomme, le patron de la Charcuterie Bordelaise

Vous estimez que le gouvernement favorise les grands groupes ?

Aujourd'hui, il n'y en a que pour les grands groupes. Regardez le CICE, on a donné des millions d'euros à des grands groupes français alors qu'on ne donne que des queues de cerise aux PME. Arrêtons de donner aux grands groupes dont l'actionnariat est souvent très largement étranger et favorisons les PME qui créent de l'emploi. Les grands groupes en France, ils ne créent pas d'emploi. Ils se barrent tous à l'étranger. Et en plus, comme ils ont absolument besoin de résultats pour satisfaire leurs actionnaires, ils tapent sur leurs fournisseurs, qui sont la plupart du temps des PME. Ils exigent de meilleures conditions sans le moindre état d'âme quant à l'avenir de cette PME et de ses salariés. 

Vous n'auriez pas ovationné Manuel Valls comme les patrons du Medef cette semaine ?

Je ne participe pas à la standing ovation. Il nous faut maintenant du concret. Il faut des effets immédiats en termes de trésorerie. Si on attend 2016 ou 2017, on ne sait pas si on sera toujours là.

"Les patrons, on devrait les choyer."