Économie – Social

Un plan de relance de 350 000 euros pour la cerise industrie

Par Jean Saint-Marc, France Bleu Vaucluse mardi 14 avril 2015 à 17:47

L'objectif du plan est de planter d'ici 2020 150 hectares de cerisiers Bigarreau Napoléon dans la région (photo d'illustration)
L'objectif du plan est de planter d'ici 2020 150 hectares de cerisiers Bigarreau Napoléon dans la région (photo d'illustration) © MAXPPP

Les industriels et les producteurs de cerise industrie annoncent ce mardi 14 avril un plan de relance pour le secteur. 350 000 euros sur cinq ans dans le but de planter 150 hectares de cerisiers dans la région. Car aujourd'hui, l'offre est inférieure à la demande : les industriels sont forcés de se fournir à l'étranger.

La cerise industrie, c'est cette cerise qu'on trouve dans les cakes aux fruits, dans les galettes des rois ou bien dans les chocolats à la liqueur . On en produit dans la région (dans le Luberon, dans la vallée du Calavon et dans la basse vallée de la Durance) 8 000 tonnes par an, soit les trois quarts de la production nationale.

Mais les superficies plantées en cerisiers Bigarreau Napoléon, c'est-à-dire en cerise industrie, sont en chute libre : alors qu'il y avait en 2007, 1 600 hectares de cerise industrie dans la région, il n'y en plus que 1 000 aujourd'hui .

Ce n'est pas assez pour fournir les industriels du secteur, comme Olivier Charles, PDG d'Aptunion qui produit des cerises confites :

"Nous sommes obligés d'aller chercher notre complément d'approvisionnement à l'étranger, essentiellement en Espagne. Ce n'est pas énorme, ça représente environ 20% de nos besoins... Mais je préférerais que ça ne soit que 5% !"

Entre 450 et 500 euros d'aides annuelles par hectare plant

Alors pour enrayer le phénomène, les industriels et les producteurs lancent ce mardi un plan de relance : un système d'aides à la plantation , financé pour deux tiers par les entreprises du secteur et pour un tiers par les groupements d'agriculteurs.

Les arboriculteurs qui planteront des cerisiers Bigarreau Napoléon toucheront chaque année entre 450 et 500 euros par hectare, pendant cinq ans, soit une enveloppe totale de 350 000 euros sur les cinq années .

Eric Ginoux, arboriculteur à Charleval dans les Bouches-du-Rhône compte bénéficier du dispositif : son dossier est prêt ! Pour lui ce sera un vrai coup de pouce, car planter un nouveau verger, c'est un gros investissement :

"Pendant les quatre premières années ce ne sont que des frais. À partir de la cinquième année, on a une petite récolte, manuelle, pour ne pas abîmer les arbres..."

"La sixième année, on fait la première récolte mécanique mais elle n'est pas bénéficiaire. Et ce n'est que sept ans après avoir planté qu'on fait la première vraie récolte ! "

À condition que la météo soit favorable, bien sûr... Et ça, même le meilleur des plans de relance ne peut pas le garantir !