Économie – Social

Un prix Nobel de la Paix était en Isère ce mercredi

Par Alexandre Berthaud, France Bleu Isère mercredi 12 octobre 2016 à 20:24

Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix en 2006, a répondu à des  interviews et parlé économie sociale à GEM toute la journée.
Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix en 2006, a répondu à des interviews et parlé économie sociale à GEM toute la journée. © Radio France

Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix en 2006, est l'inventeur du micro-crédit. Le but : prêter à ceux qui n'ont pas les moyens d'emprunter aux banques. Un dispositif très présent dans les pays pauvres, mais également utilisé en Isère.

Il appelle cela "l'économie sociale". Muhammad Yunus, originaire du Bangladesh, a inventé le micro-crédit il y a bien longtemps. Il prêche maintenant pour le développement d'initiative à vocation sociale, et non lucrative. Le micro-crédit fait partie de ces outils. "Chaque entreprise qui fait du profit quelque part devrait soutenir des petites initiatives, afin de réduire le chômage".

Soutenir des petits projets de micro entreprenariat pour permettre à ceux qui, snobés par les banques mais porteurs d'un projet, se trouvent dans une impasse. Voilà ce qu'a passé sa vie à porter Muhammad Yunus. C'est ce qui lui a valu son prix Nobel en 2006. C'est aussi ce que porte l'ADIE en France depuis plus de 20 ans.

Jusqu'à 300 prêts par an en Isère

L'Association pour le Droit à l'Initiative Economique prête jusqu'à 10 000 euros pas plus. "Notre priorité se porte vers les chômeurs, ceux qui ont peu de revenus, ou encore ceux qui ont besoin de trésorerie. Ils trouvent rarement leur bonheur chez les banques", explique Benoit Prudhomme, responsable pour le département de l'Isère.

Chaque année l'Association permet à des projets de voir le jour. Entre 250, et 300 par an selon Benoit Prudhomme. Armand Petit a été l'un de ces bénéficiaires, il y a trois ans. " J'avais besoin de 9 000 euros, mais je touchais 650 euros par mois, les banques ne voulaient pas prêter. J'aurais pu demander à ma famille ou mes amis. Mais j'avais entendu parler de l'ADIE. Ils m'ont répondu en une semaine."

Armand Petit en plein travail, il a lancé son entreprise grâce à un micro-crédit. - Radio France
Armand Petit en plein travail, il a lancé son entreprise grâce à un micro-crédit. © Radio France

Un accompagnement plus "humain" que dans une banque

Après avoir multiplié les petits boulots, Armand lance Au Bois d'Armand, sa propre entreprise de charpente. Grâce aux 9 000 euros de l'ADIE, il peut acheter un fourgon, du matériel adéquat. Trois ans et un autre prêt auprès de l'association plus tard, il savoure : "aujourd'hui je suis indépendant, je me professionnalise un peu plus chaque jour, j'arrive à en vivre, et l'ADIE m'accompagne superbement dans le processus".

Car oui, emprunter hors-banque à un coût, les intérêts sont placés entre 6 et 7 %. Mais l'Association n'est pas un vulgaire prêteur sur gages. "J'ai reçu une formation en comptabilité, on m'appelle plusieurs fois par an pour faire le bilan, me demander si j'ai besoin d'aide, c'est complètement humain, contrairement au système de prêt", explique le charpentier.

De charpentier à vendeur de glace mobile

Brigitte Perluss, 56 ans, a elle aussi bénéficié de l'ADIE. "J'aurais pu passer par les banques, mais je préfère ce système. Si on a un mois de difficulté, on peut décaler le remboursement. Ils me soutiennent, il y a un suivi, c'est important pour moi", décrit cette habitante de Meylan.

Brigitte et sa boutique de glaces ambulante, devant la Belle Electrique. - Radio France
Brigitte et sa boutique de glaces ambulante, devant la Belle Electrique. © Radio France

Grâce au micro-prêt, elle a pu quitter son ancien travail et a vendu des glaces à vélo, tout l'été. "Là je travaille sur une pâte à gaufres pour l'hiver", s'amuse-t-elle. Elle vend ses produits principalement au parc de l'Ile d'Amour, à Meylan. Grâce à l'ADIE, et aux préceptes d'un homme venu du Bangladesh, les habitants de l'agglomération grenobloise pourront peut-être se réchauffer les papilles, l'hiver venu.

Notre reportage sur le micro-crédit en Isère

Partager sur :