Économie – Social

Un supermarché drômois aide la production et l'emploi local

Par Charlotte Jousserand, France Bleu Drôme-Ardèche samedi 15 octobre 2016 à 6:00

Le Super U de Saint-Donat travaille avec 28 producteurs locaux
Le Super U de Saint-Donat travaille avec 28 producteurs locaux © Radio France - Charlotte Jousserand

L'enseigne Super U a commandé une étude pour savoir si ses magasins avaient un impact sur la vie économique locale, entre les produits locaux vendus et les emplois créés. L'expérience a été menée dans trois magasins dont celui de Saint-Donat-sur-l'Herbasse, dans la Drôme.

Ce n'est pas nouveau, les supermarchés vendent depuis plusieurs années des produits locaux. Mais désormais, on peut quantifier l'impact d'un magasin sur l'économie locale. L'étude a été commandée par l'enseigne Super U sur trois de ses magasins dont celui de Saint-Donat-sur-l'Herbasse dans la Drôme. C'est une première, selon le distributeur, qu'une telle étude est réalisée.

Selon les chiffres qui résultent de l'analyse de la comptabilité de la grande surface, 17% de ce qui est dans les rayons vient de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Plus précisément, 10% de ce qui est vendu est acheté directement chez les producteurs drômois et ardéchois. Entre les deux parties, une relation directe, sans intermédiaire. Le gérant du magasin Vincent Dequin explique : "J'ai tout intérêt à ce que ces entreprises se développent pour mon magasin". Pour lui, ce sont des produits valorisants, recherchés par les consommateurs et puis, la vente de produits locaux lui permet de se différencier par rapport à ces concurrents.

Au niveau de l'emploi, le magasin de Saint-Donat a également un impact. Selon Vincent Dequin, le magasin compte 78 équivalent temps plein et pour chaque emploi créé dans son magasin, c'est un emploi qui est créé en parallèle dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le supermarché, un mode de vente complémentaire

Pour les producteurs locaux, vendre en supermarché présente aussi un intérêt. D'une part, ils sont exposés en rayon donc plus visibles pour des clients potentiels qui ne se déplacent pas forcément jusque sur leur lieu de production et puis, comme l'explique Valérie qui fabrique la bière Markus à Saou, dans la Drôme, "la grande distribution permet d'avoir une certaine stabilité, car les supermarchés commandent chaque année la même quantité".

Pour les producteurs, c'est donc un mode de vente supplémentaire, en parallèle avec la vente directe comme par exemple pour Grégory Manoukian qui fabrique les ravioles de la Mère Maury : "Nous vendons principalement aux restaurateurs mais la vente dans les grandes surfaces augmentent de plus en plus".

Pour certains producteurs, comme Matthias Tissot qui fabrique les yaourts Saveurs de la Drôme à Valence, il n'aurait jamais pu se développer sans les supermarchés. "Pour moi, c'était la seule solution, je me suis lancé il y a cinq ans, j'étais tout seul. Je n'avais pas le temps de me rendre sur les marchés. Le Super U de Saint-Donat m'a donné ma chance et maintenant j'emploie deux salariés".

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