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Économie – Social

Une association exige la fermeture de l'usine Aprochim à Grez-en-Bouère

samedi 4 novembre 2017 à 11:50 Par Germain Treille et Fabien Burgaud, France Bleu Mayenne

Après une nouvelle pollution, le collectif "Entre Taude et Bellebranche", affilié à France Nature Environnement, demande que l'entreprise cesse définitivement ses activités de traitement des PCB, des produits chimiques toxiques.

L'usine Aprochim en Mayenne
L'usine Aprochim en Mayenne

Grez-en-Bouère, France

Un message clair net précis : il faut fermer l'usine Aprochim à Grez-en-Bouère. C'est ce que réclame l'association "Entre Taude et Bellebranche", affiliée à France Nature Environnement. Pour ce collectif, les activités de traitement de produits chimiques de l'entreprise nuit à l'élevage laitier dans le secteur. Nouvel épisode en octobre : un incendie s'est produit dans l'établissement provoquant une nouvelle et grave pollution des sols, entraînant l'arrêt provisoire du travail sur le site, la préfecture de la Mayenne prenant un arrêté en ce sens.

Mais le provisoire ça ne suffit pas, ça ne suffit plus souligne Benoit Marichal de l'association "Entre Taude et Bellebranche" : "le nombre d'élevages impactés depuis 2011 par une pollution à Aprochim est de 12 et il n'en reste plus que 4 aujourd'hui. Toute la tradition d'élevage, de bocage dans ce coin de la Mayenne est mise à mal. L'élevage disparaît car c'est trop insécurisant de fonctionner avec des pollutions régulières et donc il n'y a plus d'acheteurs pour ce type d'agriculture ici".

L'entreprise Aprochim, à Grez-en-Bouère, a été placée sous surveillance dès 2011 après la détection de taux trop élevés de produits chimiques dans la production agricole de la région.

VOICI IN EXTENSO LE COMMUNIQUE DE PRESSE DE L'ASSOCIATION "ENTRE TAUDE ET BELLEBRANCHE"

La technique industrielle de retraitement du PCB par vide poussé : un échec

Mardi 31 octobre la préfecture a annoncé aux associations du secteur que le territoire subissait une nouvelle pollution suite à l’explosion du 13 octobre : « Nous avons été informés par l'exploitant des résultats des investigations menées dans les herbes suite à l'accident survenu sur le site d'APROCHIM. Les résultats dans les herbes dans la direction Est- Sud Est dépassent la valeur de commercialisation des fourrages sur 3 points de surveillance concernant les PCDD/F+ PCBdl (a minima jusqu'à une distance d'un peu plus de 1500m de l'usine) ».

Depuis 2011, les riverains et les agriculteurs ont appris à connaître la redoutable technique du vide poussé développé par Aprochim. Cette technique était à l’origine sensée être moins polluante que celle utilisée par son concurrent Tredi. On connait aujourd’hui le résultat. Alors que les tonnages traités par Aprochim sont bien moindres que ceux traités par son concurrent rhodanien, les dégâts sur le territoire bouérillon sont eux maxima.

L’explosion du 13 octobre vient encore démontrer le caractère non maîtrisé de cette technique et son incompatibilité actuelle avec le monde agricole. Suite à l’accident il a été relevé des niveaux de dioxine-furane-pcb très élevés (3.2 pg/g) quand les scientifiques estiment qu’au-delà de 0.3 pg/g l’élevage est menacé. Ceci a eu pour conséquence le confinement de troupeaux par Aprochim.

Le traitement social de la pollution… par le vide : une scandaleuse réussite

Encore une fois le monde agricole va devoir subir. S’adapter ou mourir. En 2011 il existait 11 élevages sur le secteur, il n’en existe désormais plus que 4. En 7 ans cette entreprise a su faire le vide autour d’elle et pousser de nombreux éleveurs à arrêter ou à vendre à des céréaliers. Cette technique « sociale » du vide poussé est beaucoup plus efficace que la technique de décontamination du même nom développée par l’entreprise. Encore un petit effort et il n’y aura bientôt plus personne à contester le droit d’Aprochim à polluer. Elle qui dans les prétoires ne reconnaissait que la norme européenne de 1.25pg/g vient de la piétiner une nouvelle fois et ce à plus d’un kilomètre de l’usine.

Faudra-t-il attendre que les gros acteurs locaux de l’agroalimentaire commencent à se sentir menacés pour comprendre que l’avenir de la Mayenne réside dans une agriculture de qualité plutôt que dans une filière industrielle non maîtrisée? Faut-il attendre l’accident (incendie) toujours plus sérieux qui nous conduirait à la situation de Saint Cyprien dans la Loire : périmètre pollué de 20 kms, 2000 bovins abattus et les hectares autour de l'usine incriminée rendus incultes ? Faut-il attendre ?

Non. Après 7 ans d’attentes toujours déçues, il est plus que temps que l’Etat, via ses services préfectoraux, prenne la mesure qui s’impose et arrête de croire à la fausse réalité d’un contrôle de la pollution qui n’a jamais existé depuis le début de celle-ci. : la fin du traitement des transformateurs contenant du PCB dans l’usine Aprochim de Grez en Bouère. Le temps du traitement est terminé... nous ne croyons plus en une hypothétique guérison.

Le très faible service rendu à la société par l’usine (à comparer avec son concurrent) ne peut plus justifier que riverains et agriculteurs soient condamnés à vivre dans une perpétuelle incertitude et la peur au ventre.