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Économie – Social

Une boulangerie du Calvados interdite de vendre du pain 7 jours sur 7

dimanche 13 janvier 2019 à 6:06 Par Marie-Jeanne Delepaul, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu

Le tribunal de grande instance de Caen a tranché le 10 janvier : la boulangerie La Boulaga de Troarn ne pourra plus vendre du pain tous les jours. Une décision aberrante pour les gérants, qui ont douze employés.

Isabelle et Thierry Perret ont perdu une bataille judiciaire contre le syndicat des boulangers.
Isabelle et Thierry Perret ont perdu une bataille judiciaire contre le syndicat des boulangers. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Troarn, France

La justice a tranché : la boulangerie La oulaga à Troarn dans le Calvados n'a pas le droit de vendre du pain 7 jours sur 7. Le tribunal de grande instance de Caen a rendu sa décision jeudi 10 janvier.

C'est une victoire pour le Groupement artisanal des boulangers pâtissiers du Calvados. Il  reproche aux gérants de La Boulaga une concurrence déloyale. Un arrêté préfectoral de 1996 interdit en effet aux artisans et aux industriels de vendre du pain tous les jours dans tout le Calvados.

"Cette décision, c'est du perdant-perdant" - Thierry Perret, le cogérant

Sur la devanture de la boulangerie La Boulaga trône une énorme banderole jaune : "Non au jour sans pain". Isabelle Perret, la gérante ne comprend pas la décision du tribunal : "Ils parlent de concurrence déloyale, je ne suis pas d'accord : on ne l'a pas fait à coup de promotions ou de lots de marchandises ! On n'a volé de boulot à personne... je suis écœurée de tout ça, comme tous els artisans on y passe beaucoup de temps et d'énergie !"'

"On est sur du perdant-perdant : nous et notre clientèle, renchérit Thierry Perret. Et le troisième perdant dans l'histoire c'est l'artisanat, car ma clientèle va se reporter sur la grande surface la plus proche."Un supermarché, fermé le dimanche, est à deux pas de leur commerce.

Le problème, selon le syndicat des boulangers du Calvados, c'est que tous les artisans n'ont pas les moyens d'ouvrir 7 jours sur 7, d'où l'intérêt de cet arrêté préfectoral : "Le petit boulanger de campagne qui n'a qu'un employé ou pas du tout a le droit aussi de se reposer " explique Daniel Roussel, l'ancien président du syndicat.

Contourner la loi

Mais pour Thierry Perret, le gérant de La Boulaga, le commerce doit évoluer : "On a commencé à cinq il y a quinze ans, aujourd'hui on a douze salariés. On ne va pas s'excuser de faire grandir notre entreprise". Ne plus vendre de pain 7 jours sur 7 c'est "60 000 euros de perte de chiffre d'affaires par an, l'équivalent d'un temps plein". "On ne licenciera personne, on va trouver des solutions pour contourner la loi. La justice nous contraint à ne pas vendre de pain un jour dans la semaine, pas à fermer tous les jours."

Ils réfléchissent aussi à mettre en place un distributeur à pain automatique sur le parking par exemple, parce que les distributeurs, eux ont le droit de fonctionner 7 jours sur 7.    

Le reportage France Bleu Normandie