Économie – Social

Une boutique spécialisée pour les malades du cancer ouvre à Montpellier

Par Marion Bargiacchi, France Bleu Hérault et France Bleu lundi 2 octobre 2017 à 8:08

Marie Bélot, 42 ans, vient d'ouvrir sa boutique spécialisée autour du cancer à Montpellier.
Marie Bélot, 42 ans, vient d'ouvrir sa boutique spécialisée autour du cancer à Montpellier. © Radio France - Marion Bargiacchi

Marie Bélot a ouvert une boutique spécialisée autour du cancer à Montpellier. Un "cocon" dans lequel les femmes peuvent trouver une oreille attentive et les conseils pour se réapproprier leur corps.

Marie Bélot, 42 ans, a du surmonter deux cancers du sein. Le premier à trente ans, le second à quarante. C'est à ce moment là qu'elle décide d'ouvrir une boutique spécialisée autour de cette maladie. Pour offrir une oreille attentive et un regard bienveillant sur des femmes qui veulent reconstruire leur féminité.

Une première à Montpellier

Depuis le 18 septembre, Marie Bélot a donc ouvert "la Boutik de Marie" spécialisée autour du cancer. Une décoration pastel, des meubles en bois, un attrape-rêves au plafond "Tout est fait pour qu'on se sente comme à la maison". L'avantage du lieu, c'est de retrouver tous les produits dont ont besoin les malades au même endroit : foulards, bonnets, turbans, des vêtements spéciaux pour insérer les prothèses mammaires mais aussi des bijoux et des accessoires. "Sur un tablier j'ai fait inscrire -J'ai un cancer mais je suis toujours aussi bonne...en pâtisserie !- Ma devise c'est de ne jamais baisser les bras !"

Marie a créé sa propre marque 6ters-K. - Radio France
Marie a créé sa propre marque 6ters-K. © Radio France - Marion Bargiacchi
Dans les maillots de bains, t-shirts et brassière, il est possible de glisser des prothèses mammaires. - Radio France
Dans les maillots de bains, t-shirts et brassière, il est possible de glisser des prothèses mammaires. © Radio France - Marion Bargiacchi

Marie Bélo a ouvert cette boutique spécialisée pour que les femmes atteinte du cancer reprennent confiance en elle, qu'elles se sentent entourées et qu'elle se réapproprient leur corps. "On a envie de changer de foulards, d'avoir une petite frange sous son bandeau de cheveux, de belles boucles d'oreilles... J'ai aussi du maquillage spécial car la peau devient fragile avec les traitements, les rayons. Il y a aussi des colorations et des shampoings spécifiques pour les cheveux lorsqu'ils repoussent."

Se faire belle, ce n'est pas du superflu. "Les médecins s'occupent de nous sauver la vie, ils n'ont pas le temps de se pencher sur l'esthétique et c'est normal. Le plus dur ce n'est pas forcément le regard des autres mais son propre regard."

Le soir, quand on enlève sa perruque, son bonnet, qu'on se démaquille et qu'on n'a plus les cils, plus de sourcils et plus ses cheveux... le regard dans la glace est très compliqué.

Il existe des gammes de maquillages et de soins spéciales pour les malades du cancer. - Radio France
Il existe des gammes de maquillages et de soins spéciales pour les malades du cancer. © Radio France - Marion Bargiacchi
Bijoux, accessoires, et franges artificielles "Les Franjynes". - Radio France
Bijoux, accessoires, et franges artificielles "Les Franjynes". © Radio France - Marion Bargiacchi
Marie propose une multitude de foulards, bonnets et turbans mais aussi une vingtaine de prothèses capillaires. - Radio France
Marie propose une multitude de foulards, bonnets et turbans mais aussi une vingtaine de prothèses capillaires. © Radio France - Marion Bargiacchi

Agrément de la sécurité sociale

Marie a suivi deux formations pour pouvoir vendre les prothèses mammaires et capillaires. Elle a aussi obtenu l'agrément de la sécurité sociale : "Ça me tenait beaucoup à coeur, je peux proposer le tiers payant et mes clientes sont remboursées chez moi comme dans une pharmacie." Elle a aménagé une salle avec une cabine d'essayage, pour garantir l'intimité de ses clientes.

Il existe des prothèses mammaires et des mamelons adhésifs pour celles qui ne veulent pas recourir à la chirurgie réparatrice. - Radio France
Il existe des prothèses mammaires et des mamelons adhésifs pour celles qui ne veulent pas recourir à la chirurgie réparatrice. © Radio France - Marion Bargiacchi

"Aujourd'hui, j'ai envie d'offrir un espace où les femmes peuvent se dévoiler, parler. Il y a des tas de sujets dont on ose pas parler lorsque l'on est malade. Ni avec son conjoint, ses enfants, parfois même pas avec son médecin. Ici, les femmes peuvent venir partager leurs doutes, je suis passée par les mêmes étapes." précise Marie. Marie qui voudrait également organiser des ateliers avec les accompagnants, les proches des malades. "Souvent, ils souffrent beaucoup plus qu'on ne le pense. Mais les malades ne peuvent pas focaliser sur autre chose que leur propre douleur."