Économie – Social

Une centaine de manifestants contre la casse des hôpitaux de Drôme Nord

Par Marie Rouarch, France Bleu Drôme-Ardèche mardi 13 décembre 2016 à 18:29

Une centaine de membres du personnels et d'usagers se sont mobilisés devant l'hôpital de Romans.
Une centaine de membres du personnels et d'usagers se sont mobilisés devant l'hôpital de Romans. © Radio France - Marie Rouarch

Jour de mobilisation, ce mardi, devant l'hôpital de Romans. Une centaine de personnes ont répondu à l'appel de la CGT et de la CFDT pour réclamer la fin des restructurations imposées à ces établissements en déficit depuis plusieurs années.

Non à la casse des hôpitaux de Drôme Nord ! C'était le mot d'ordre des personnels des hôpitaux de Romans et Saint-Vallier, mobilisés ce mardi. Ils étaient une centaine rassemblés devant l'hôpital de Romans, soignants et citoyens. Tous sont venus dénoncer la dégradation des conditions de travail mais aussi la dégradation de la qualité des soins qu'elle engendre dans ces hôpitaux de proximité.

Les hôpitaux de Drôme Nord sont en déficit depuis plusieurs années et font donc l'objet de mesures d'économie à répétition. "Quarante-et-un lits supprimés depuis 2014, explique Thierry Giraud, secrétaire de la section CGT des hôpitaux de Drôme Nord, site de Saint-Vallier. Suppression à laquelle il faut ajouter celle de 70 équivalents temps plein".

Dernière mesure en date : la dissolution du service sécurité et prévention incendie. "On intervenait sur plus de 200 actes d'agressions sur les deux hôpitaux, sur une année courante, déclare Laurent, agent de sécurité à l'hôpital de Romans depuis un an et demi. Avec la dissolution, on n'aura plus de prévention incendie et surtout plus du tout d'interventions au niveau sûreté, prévention des actes d'incivilités et d'agressions sur le site de l'hôpital."

Personnels épuisés, patients en colère

La conséquence directe de toutes ces mesures d'économie, c'est l'épuisement des soignants. "On ne peut pas être un infirmier pour quinze patients en service aigu, c'est très compliqué", relève Christelle, infirmière en neurologie et néphrologie à Romans. Tout ça génère "un épuisement moral et physique", ajoute Maryline, infirmière en chirurgie orthopédique. "On fait tout en courant", conclut Lilia, aide-soignante à Romans.

À l'heure actuelle, les soins ne sont plus de qualité, comme ils devraient l'être - Christelle, infirmière à l'hôpital de Romans

Et le corollaire, c'est la dégradation de la qualité des soins. Ce contre quoi se battent tous ces soignants mobilisés à Romans et Saint-Vallier, à l'image de Christelle : "Pour nous, les patients ne sont pas des numéros, ce sont des êtres à prendre en charge dans leur globalité et là, on n'y arrive plus. On fait un soin on s'en va, on n'a plus le temps de parole. Ça s'est véritablement dégradé. On est tout de même un hôpital de proximité, il faut que les gens puissent venir se faire soigner et que nous, on n'y laisse pas la santé non plus. Y'en a marre !"

Pour les personnels mobilisés, seul l'arrêt de la suppression des lits et des postes permettra de rétablir la qualité des soins dans les hôpitaux de Romans et Saint-Vallier.