Économie – Social

Salle d'audience comble aux prud'hommes de Valenciennes pour soutenir un cadre de Bombardier licencié après une grève

Par Rafaela Biry-Vicente, France Bleu Nord mercredi 3 août 2016 à 16:17

Manifestation de soutien à José Dessilly devant le conseil des prud'hommes de Valenciennes
Manifestation de soutien à José Dessilly devant le conseil des prud'hommes de Valenciennes © Maxppp - Thomas LO PRESTI

Plus d'une centaine de personnes étaient réunies ce mercredi matin devant et dans le conseil des prud'hommes de Valenciennes pour soutenir José Dessilly, ce cadre de chez Bombardier Crespin licencié en juin dernier après une grève. Il demande sa réintégration. La décision sera rendue le 24 août.

Beaucoup de monde ce mercredi matin devant et dans le conseil des prud'hommes de Valenciennes, plus d'une centaine de salariés Bombardier, délégués CGT venus des 4 coins du Nord, des différentes fédérations du syndicat, mais aussi des  délégués Sud et des salariés des entreprises du secteur comme Outinord ou Mercedes, car le cas de José Dessilly est considéré comme symbolique pour les syndicats.

le reportage de Rafaela Biry-Vicente

Le superviseur spécialisé dans les boggies, 38 ans d'ancienneté, qui a voyagé dans le monde entier pour Bombardier conteste son licenciement. Le 7 juin dernier la direction lui reproche dans sa lettre de licenciement d'avoir "entravé la libre circulation des biens et des personnes et la liberté du travail en bloquant l'accès au site" pendant une grève en soutien à un salarié mis à pied à laquelle participait 400 personnes. Il lui est aussi reproché d'être entré dans l'usine alors qu'il était mis à pied, les 8 et 9 juin, mais le salarié assure qu'il n'a reçu la notification que le 14 juin par courrier.

Une attaque contre le droit de grève pour les syndicats, une grève illicite pour la direction de Bombardier

Pour les syndicats il s'agit d'une attaque en règle du droit de grève, et le salarié n'a pas été choisi au hasard selon eux, c'est par ce qu'il est cadre et "qu'un cadre doit montrer l'exemple, explique Karim, délégué CGT chez Mercedes à Rouvignies, mais le droit de grève c'est pour tout le monde qu'on soit cadre ou ouvrier poursuit Arnaud, délégué chez Mercedes aussi, si José est licencié, c'est la porte ouverte à tous les droits pour les patrons !"

Mais l'avocat de Bombardier assure que la grève était illicite car c'était un mouvement de soutien à un ouvrier mis à pied et non pour des revendications professionnelles comme l'exige la loi, un argument qui ne tient pas pour Martine Trussant l'avocate du superviseur car cette grève illicite n'a jamais été mentionnée avant, même pas sur la lettre de licenciement, cet argument ne peut donc  être retenu. L'avocate explique par ailleurs, qu'il n'y a pas mention de faute lourde dans cette lettre licenciement, mais de faute grave; le licenciement n'est donc pas valable dans ce cas.

La décision des prud'hommes sera rendue le 24 août, un nouveau coup dur pour José Dessilly

L'avocate est donc confiante pour la décision des prud'hommes le 24 aout, la CGT appelle à un nouveau rassemblement de soutien à cette date et menace déjà d'actions en cas de non réintégration de José qui malgré cette affaire veut réintégrer l'entreprise dans laquelle il travaille depuis 38 ans.

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