Économie – Social

Une commission pour que les grèves de 1948 soient dans les manuels scolaires

Par Sandrine Morin, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 23 septembre 2015 à 16:23

Affrontements à Firminy le 20 octobre 1948
Affrontements à Firminy le 20 octobre 1948 - Léon Leponce

Mardi 22 septembre, une mission pour commémorer la mémoire des mineurs grévistes de 1948 a été lancée au ministère de la Justice. Une grève qui a marqué le bassin stéphanois.

La garde des sceaux, Christiane Taubira, veut que cette mission « propose au gouvernement des actions pour commémorer comme il se doit ces moments importants de l’histoire politique et sociale de notre pays ».  Une grève qui a marqué le bassin stéphanois même si on parle plus du mouvement dans le nord de la France. Une grève lancée par la CGT, où les mineurs dénonçaient le retour sur des acquis accordés, des baisses de salaires, et des licenciements plus faciles.

Une grève marquante à Saint-Étienne d'abord parce que cette grève, qu'on le veuille ou non , pour les historiens, c'est le début de la fin pour le bassin minier ligérien, le début du déclin. Ensuite parce que le conflit a été violent : un mort à Firminy, plus de 50 jours de grève, des pressions entre ceux qui suivaient ou pas le mouvement. Et puis après, la répression des houillères a été implacable. 342 mineurs sur les 22.000 que comptaient alors la Loire ont été condamnés. Des peines de prisons, des amendes très lourdes et pire, des interdictions de séjourner dans la Loire. Et surtout pour tous, la double peine. Avec leur travail, ils perdaient leur logement  et leur droit au charbon.

En 1981, avec l'arrivée de la gauche, une partie de ces mineurs grévistes a été amnistiée. Une mesure symbolique pour la liberté syndicale. L' an dernier ,en novembre 2014,  grâce à un décret de la ministre de la Justice, 31 survivants ont été réhabilités. L' État s'est engagé à leur verser 30.000 euros chacun. 31 survivants dont aucun de la Loire. En effet tous ceux qui ont vécu le conflit de 1948 chez nous sont aujourd'hui décédés. Mais de toute façon aucun n'avait osé porté plainte. Grâce à cette mission, on parlera notamment de la grève de 1948 dans les manuels scolaires comme un moment important de l'histoire syndicale.

Maurice Bedouin est historien. Il a collecté avant leur mort les témoignages de dizaines de mineurs qui ont participé au conflit de 1948. Et explique comment la répression a été très dure après le conflit.

Maurice Bedouin a collecté des témoignages de dizaines de mineurs grévistes.

Et un très gros ouvrage revient sur le sujet "1948 : les mineurs stéphanois en grève", ouvrage collectif de Maurice BEDOIN, Jean-Claude MONNERET, Corinne PORTE et Jean-Michel STEINER.