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Économie – Social

Une famille échappe de justesse à l'expulsion à trois jours de la trêve hivernale

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Par , France Bleu Nord

A Auchel, la famille Picot a échappé de peu à une expulsion qui devait avoir lieu ce mardi 29 octobre, à seulement trois jours de la trêve hivernale. Pendant cinq mois, jusqu'au 31 mars, les personnes qui ne peuvent pas payer leur loyer ne peuvent pas être expulsées.

La famille a été relogée à Auchel dans un ancien local syndical
La famille a été relogée à Auchel dans un ancien local syndical © Radio France - Odile Senellart

Auchel, France

Ils étaient à deux doigts de se retrouver à la rue ou hébergés dans un foyer d'urgence. Un couple et leurs trois enfants âgés de 12, 19 et 21 ans auraient dû être expulsés de leur maison située à Auchel, près de Béthune, le mardi 29 novembre. Le jugement ordonnant leur expulsion avait été prononcé dès le printemps, toute la famille vivait donc depuis dans l'angoisse de l'expulsion.  « C'est insoutenable à vivre, explique Abdelaziz, le père âgé de 51 ans, _on y pense quand on se couche, on y pense quand on se lève_, on dort mal, on a ça dans la tête toute la journée. »

Le père et l'un des trois enfants de la famille âgé de 19 ans  - Radio France
Le père et l'un des trois enfants de la famille âgé de 19 ans © Radio France - Odile Senellart

Leur salut est venu du Collectif de lutte contre les expulsions locatives et les coupures de fluide, qui n'a été averti de la situation de la famille que le vendredi 25 octobre, soit quatre jours seulement avant l'expulsion. Les bénévoles ont remué ciel et terre, une quarantaine d'entre eux étaient même présents physiquement mardi matin pour empêcher l'intervention de l'huissier qui s'est révélée inutile puisqu'au dernier moment, la ville d'Auchel a trouvé un ancien local syndical inutilisé pour reloger la famille. « C'est un vrai soulagement, se réveiller avec un toit au dessus de la tête et des murs autour, c'est déjà beaucoup », raconte Axel, le fils de la famille âgé de 19 ans après la première nuit passée dans ce nouveau logement, mis à leur disposition gratuitement par la ville. 

Le loyer représentait plus de la moitié des ressources de la famille

Les problèmes de la famille ont commencé lorsque le père a été licencié de Faurecia, en 2014, après avoir été reconnu en invalidité. Les ressources de la famille passent alors de 1800 euros à 1087 euros avec un loyer à payer de 585 euros. La famille ne s'en sort pas financièrement. Arrivent alors les deux premiers mois de loyers impayés qui ont pour conséquence une suspension des APL, qui étaient d'un montant de 292 euros par mois. Une double peine pour le père qui n'arrive plus à redresser les finances, jusqu'au jugement rendu au printemps 2019 ordonnant l'expulsion. 

Daniel Dewalle, ancien maire d'Houdain, membre du Collectif de lutte contre les expulsions locatives - Radio France
Daniel Dewalle, ancien maire d'Houdain, membre du Collectif de lutte contre les expulsions locatives © Radio France - Odile Senellart

Des expulsions extrêmement coûteuses au final

« Il faut absolument que les familles se manifestent dès les premières difficultés », explique Daniel Dewalle, ancien maire d'Houdain et membre du Collectif. Selon lui, il est possible de trouver des solutions dans de très nombreux cas, à condition de prendre les devants le plus tôt possible. « Dans le cas de la famille d'Auchel, s'ils avaient été accompagnés d'un avocat, on aurait pu trouver une solution, on aurait pu les défendre". Daniel Dewalle souligne également le caractère absurde  et très coûteux de nombreuses expulsions: « Dans le cas de cette famille, il leur avait été proposé de partir en foyer, mais ça aurait coûté à la société entre 1000 et 2000 euros par mois. Il vaudrait mieux que la société donne à cette famille 150 euros d'APL (Aide Personnalisée au Logement) de plus par mois pour lui permettre de s'en sortir, sans parler de la dimension humaine". 

La trêve hivernale entre en vigueur ce vendredi 1er novembre. Jusqu'au 31 mars, les familles qui ne paient pas leur loyer ne peuvent pas être expulsées. Selon la Fondation Abbé Pierre, le nombre d'expulsions a atteint un "record" historique en 2018 avec près de 16.000 ménages expulsés soit 36.000 personnes. 

Pour contacter le Collectif de lutte contre les expulsions locatives et les coupures de fluides: Daniel Dewalle 06.77.94.46.09 et Jean-Luc Duriez 06.58.37.79.02

Il faut profiter de la trêve hivernale pour demander de l'aide

"Il ne faut pas rester dans son coin et faire l'autruche" insiste Serge Havet, le responsable du DAL (l'association droit au logement) à Lille, invité de France Bleu Nord ce jeudi matin. 

"Il ne faut pas attendre quand on voit les difficultés arriver, ne pas attendre le mois d'avril et la fin de trêve" insiste le responsable associatif qui invite les personnes à demander de l'aide. "Il y a des solutions pour ne pas arriver à l'expulsion" assure-t-il. 

L'interview complète de Serge Havet, responsable du DAL à Lille est à réécouter ci-dessous. 

Serge Havet, responsable de l'association Droit au logement à Lille, invité de France Bleu Nord

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