Économie – Social

Une ferme bio menacée par la construction d'un éco-quartier à Brest

Par Jérôme Collin, France Bleu Breizh Izel jeudi 26 janvier 2017 à 19:34

Valérie Lazennec et Philippe Nicol sont les exploitants de la ferme. Mais ils ne sont pas propriétaires des terres.
Valérie Lazennec et Philippe Nicol sont les exploitants de la ferme. Mais ils ne sont pas propriétaires des terres. © Radio France - Jérôme Collin

La ferme biologique de Traon Bihan risque d''être privée du tiers de sa superficie dans les prochains mois. En cause, un éco-quartier à Brest, au nord-ouest de la ville. Le projet est en cours de validation. Pour les exploitants de la ferme, la situation est paradoxale.

La ferme de Traon Bihan s'étend sur une surface d'environ 25 hectares au nord-ouest de Brest. 45 vaches laitières y sont élevées. Une activité menée par Philippe Nicol et Valérie Lazennec. La ferme existe, elle, depuis cinq générations, ce qui remonte au 19e siècle. Chaque vendredi, près de 400 personnes viennent acheter du lait et des produits bio à la ferme.

Une activité menacée à long terme selon les éleveurs

La Ville de Brest souhaite poursuivre son développement. Elle envisage donc la construction d'un nouveau quartier au nord-ouest. Son nom : le quartier de Fontaine Margot. Un projet d'un millier d'habitations sur une zone de 60 hectares. Il s'agira d'un éco-quartier, où l'environnement et la vie humaine sont censés cohabiter en harmonie.

Mais dans ce cas précis, le quartier va empiéter sur la ferme de Traon Bihan. Environ 8 hectares sur les 25 de l'exploitation seront urbanisés. La ferme bio devrait donc compter huit vaches de moins à l'avenir. Un véritable coup dur. Une pétition est en ligne pour lutter contre le projet.

Moins d'hectares, ça fait moins de vaches, donc moins de production, moins de litres de lait vendus et un chiffre d'affaires qui baisse. A terme, l'exploitation est menacée. Et l'autre crainte, c'est qu'on ne puisse pas financer les études des enfants", Philippe Nicol, exploitant de la ferme de Traon Bihan

Chaque vendredi, entre 300 et 400 personnes viennent à la ferme de Traon Bihan pour acheter du lait et des produits bio. - Radio France
Chaque vendredi, entre 300 et 400 personnes viennent à la ferme de Traon Bihan pour acheter du lait et des produits bio. © Radio France - Jérôme Collin

La mairie propose une solution de compensation

Conscient de la gêne, la mairie de Brest propose une solution au couple d'éleveurs : des terres agricoles en périphérie de Brest.

Nous menons un travail pour repérer toutes les exploitations dont les propriétaires vont bientôt prendre leur retraite. Le but est de racheter ces terres et de les mettre à disposition des agriculteurs dérangés par l'urbanisme et le développement de la ville" Thierry Fayret, adjoint en charge de l'urbanisme à la Ville de Brest

Une solution qui ne convient pas à Philippe et Valérie. Ils comptent poursuivre leur combat pour se faire entendre. Ils en parleront aussi lors de leur déplacement au Salon de l'Agriculture, porte de Versailles à Paris fin février-début mars.