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Une série de licenciements chez les conducteurs de bus de l'agglomération de Béziers inquiète le personnel

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Par , France Bleu Hérault

Deux conducteurs de bus viennent d'être licenciés en l'espace d'un mois et demi chez Vectalia. Un troisième vient de passer en conseil de discipline. Des chauffeurs rencontrés disent travailler sous pression et craignent de subir le même sort. FO s’inquiète du nombre important d'arrêts maladie.

Distribution de tracts devant le dépôt de bus de l'agglomération de Béziers
Distribution de tracts devant le dépôt de bus de l'agglomération de Béziers © Radio France - Stéfane Pocher

Mais que se passe-t-il dans les transports en communs de Biterrois ? Deux conducteurs de bus de l'entreprise Vectalia ont été licenciés en l'espace d'un mois et demi sans aucun préavis, ni indemnité. Un troisième était convoqué il y a encore quelques jours en conseil de discipline, lui aussi pour des fautes graves (non port du masque).  

La direction reproche au premier de s'être garé en "marche avant" sur le parking du personnel alors que le règlement intérieur l'interdit (obligation de se garer en marche arrière", car le site est classé Cévéso) et d'avoir manqué un arrêt de bus. Le deuxième n'aurait pas porté de masque Covid-19 en conduisant et aurait eu un échange déplacé avec un usager.

En fin de semaine dernière, des tracts ont été distribués au personnel devant le dépôt de bus pour les alerter de ces licenciements. L'un et l'autre, employés depuis 15 et 21 ans dans l'entreprise, assurent n'avoir jamais eu de soucis auparavant.  

''C'est dur. On ne s'y attend pas surtout pour les raisons avancées'' disent Olivier et David, les deux salariés licenciés

"Une directive nationale précise que le masque n'est pas obligatoire dans un bus dès qu'une paroi type plexiglas protège le chauffeur des usagers. C'est le cas dans nos bus." (David)

Olivier et David, pointent du doigt les méthodes de management du nouveau directeur. Il y a une  chasse aux sorcières manifeste. Les gros salaires sont ciblés dixit Olivier. Avec mon salaire, ils embauchent deux conducteurs. C'est tendu dans l'entreprise depuis quelques mois.

Reportage France Bleu Hérault

Les chauffeurs de bus sous pression a Béziers ! 

Devant le dépôt, plusieurs salariés appuient leurs dires. "Je viens travailler la boule au ventre" dit l'un d'eux. "J'ai toujours cette crainte de subir le même sort."

"Tout est prétexte pour nous sanctionner."

Sous couvert d'anonymat, de nombreux salariés se confient hors micro : "Depuis l'installation de GPS, il y a du flicage dans l'entreprise. La pression est permanente. Dès qu'on est en retard, on nous demande d'accélérer. Mais comment faites-vous quand vous être tributaire du trafic."

Un autre rajoute : "Il y a peu de temps, un conducteur intérimaire pourtant dans l'entreprise depuis deux ans, n'a pas été reconduit, car il était injoignable au téléphone pendant ses jours de repos. Et on avait besoin de lui pour remplacer un absent. Cela vous montre le climat pesant que nous supportons."   

"Vous trouvez normal que les salariés cachent les tracts que nous distribuons de peur d'être sanctionné ?"

Dans un courrier envoyé en avril dernier à Robert Ménard, le président de l'agglomération de Béziers et en copie à l'inspection du travail (voir ci-dessous), le syndicat Forcé Ouvrière s'inquiète des nombreux arrêts maladie dans l'entreprise. "Sur 140 conducteurs, 15% de l'effectif est à l'arrêt. Nous sommes interloqués par le nombre si élevé" dixit Gilbert Fouilhe, le secrétaire  général de FO dans l'Hérault.

"Il y a eu jusqu'à 21 % d'arrêts. Les arrêts maladie sont bien souvent le reflet d'un mal-être social. Le nombre de licenciements est tout aussi inquiétant."

La direction refuse d'entrer dans la polémique. Le conseil de discipline a reconnu des fautes graves dixit le directeur. "Je n'ai pas à vous donner les raisons qui sont confidentielles. Mais de là à nous accuser de harcèlement, ce n'est pas possible" dit Richard Baldacchino, le directeur de Vectalia Béziers arrivé en novembre 2020.

"Vectalia est le réseau national ayant le plus faible taux de Covid-19 auprès des salariés."

Richard Baldacchino, le directeur de Vectalia Béziers

D’après l'UNSA, (syndicat majoritaire), le climat est loin d'être aussi tendu dans l'entreprise comme veulent bien le laisser entendre certains salariés. "Je suis étonné" dit Christiane Escarguel, représentante du syndicat. "Aucun salarié n'a manifesté récemment la moindre souffrance" dixit cette ancienne conductrice nommée récemment contrôleuse.

Le syndicat s'appuie par ailleurs sur une expertise réalisée l'été 2020 sur les conditions de travail.  "La chasse aux sorcières était bien plus présente avec l'ancien délégataire, la société Transdev," rajoute son mari, Gilles Escarguel, ancien salarié à la retraite, mais représentant de l'UNSA au niveau national.

"C'est normal que la direction exige de la rigueur à ses salariés alors que le service rendu doit être de qualité."

"On ne peut d'un côté exercer un droit de retrait comme nous l'avons fait au début de la pandémie pour exiger des masques, des lingettes et du gel et ne pas les porter comme l'exige le règlement intérieur'' rajoute Christian Escarguel. Il y a un peu plus d'un an, le trafic des bus avait été interrompu une demi-journée par l'ensemble du personnel en raison des risques encourus.

"L'entreprise a une obligation de sécurité et de résultat. Les salariés doivent porter le masque. D'ailleurs nous n'avons eu aucune cluster dans l'entreprise rajoute l'UNSA."

La position de l'UNSA ne fait pas l'unanimité dans l'entreprise. 

Les deux salariés licenciés ont saisi un avocat afin de contester leur licenciement qu'ils considèrent comme abusif devant le conseil des Prud’hommes.

Courrier  de Force Ouvrière envoyé à Robert Ménard et à l'inspection du travail
Courrier de Force Ouvrière envoyé à Robert Ménard et à l'inspection du travail © Radio France - Stéfane Pocher
Tract FO distribué devant le dépôt de bus à  Béziers
Tract FO distribué devant le dépôt de bus à Béziers © Radio France - Stéfane Pocher
Tract FO distribué devant le dépôt de bus à  Béziers
Tract FO distribué devant le dépôt de bus à Béziers © Radio France - Stéfane Pocher
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