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Économie – Social

Une taxe pour lutter contre les commerces vides dans le centre-ville de Loches

lundi 27 août 2018 à 6:05 Par Camille Huppenoire, France Bleu Touraine

A Loches, le conseil municipal a voté, début juillet, l'instauration d'une taxe sur les commerces vides en centre-ville. L'objectif, inciter les propriétaires à les louer ou les vendre, pour attirer de nouvelles activités. L'idée est majoritairement bien accueillie, mais suscite des interrogations.

Dans certaines rues du centre-ville de Loches, on trouve des commerces fermés, aux vitrines vides.
Dans certaines rues du centre-ville de Loches, on trouve des commerces fermés, aux vitrines vides. © Radio France - Camille Huppenoire

Loches, France

Taxer les commerces vides. C'est l'idée de la mairie de Loches, qui espère ainsi inciter les propriétaires à faire les efforts nécessaires pour les louer, ou les vendre : soit des efforts financiers, en baissant le loyer ou le montant du fonds de commerce à céder, soit des efforts administratifs, en déclarant une cessation d'activité et en cherchant un repreneur.

Une idée plutôt bien accueillie

L'idée est plutôt bien accueillie par le président de l'Union des commerçants de Loches. Pour Damien Rangheard, même s'il est "toujours malheureux de parler de sanctions financières", "il était nécessaire de trouver des solutions pour favoriser l'ouverture des commerces vides, car ça donne l'image de rues mortes, alors que ce n'est pas le cas." Dans une jolie rue piétonne du centre-ville, ce couple de restaurateurs, dont l'établissement fait face à deux commerces vides, approuve également. Pour eux, ces vitrines à l'abandon ne donnent pas envie de s'engager dans la rue, et de s'installer sur leur petite terrasse pour déjeuner.

On a beaucoup développé la périphérie, au détriment du centre-ville" - Une commerçante de Loches

D'autres commerçants en activité en centre-ville sont moins enthousiastes. Près de la place principale, la propriétaire d'une petite boutique affirme qu'il faudrait d'abord s'interroger sur les raisons de la désertification du centre-ville. Si elle concède que certains loyers, pour louer des commerces vacants, sont peut-être trop élevés, elle ne jette pas la pierre aux propriétaires. "On a beaucoup développé la périphérie, au détriment du centre-ville" explique-t-elle, considérant que la concentration de commerces hors centre-ville est en partie responsable des locaux vides qui ne trouvent pas de repreneurs.

On doit faire du cas par cas" - Philippe Rocher, agent immobilier

Philippe Rocher, agent immobilier, connaît très bien le marché de location et de vente de biens sur Loches. Il confirme que les exigences de certains propriétaires sur les loyers sont trop élevés, et approuve, dans ce cas, la taxe. Mais "pas pour tous les propriétaires" nuance-t-il. Car pour lui, l'emplacement, et le contexte économique, sont également des éléments qui peuvent décourager de potentiels locataires. Et sur ces facteurs, les propriétaires ne peuvent rien faire. "On doit faire du cas par cas" conclut Philippe Rocher.

Du cas par cas, afin que la sanction financière ne s'applique pas aux propriétaires qui font les efforts pour que leur local vide soit repris. Bernard Fortin est de ceux-là. Il déclare avoir un local à louer, de 150 m², pour lequel il ne demande que "1000 euros de loyer".  Le problème, pour lui, c'est de trouver un repreneur dont l'activité peut correspondre à ce local d'une taille imposante pour un centre-ville. Et ils ne courent pas les rues. 

Un délai pour se mettre en règle

La taxe sur les commerces vides devrait s'aligner sur la taxe foncière, avec des barèmes de 10, 15 et 20%. Le maire l'assure, avant que la taxe ne soit appliquée, tous les propriétaires seront contactés, et auront un délai pour se "mettre en règle", soit en déclarant une cessation d'activité, permettant la reprise du commerce, soit en le louant. Il s'agit avant tout, explique le maire, de "réamorcer un dialogue", dans le cadre de la politique de re-dynamisation du centre-ville.