Économie – Social

Une troisième nuit de manifestations des policiers, pas convaincus par les annonces du gouvernement

Par Géraldine Houdayer, France Bleu jeudi 20 octobre 2016 à 7:29

A Paris, 300 policiers se sont rassemblés au départ de la place de la République.
A Paris, 300 policiers se sont rassemblés au départ de la place de la République. © Maxppp - Thomas Padilla

Malgré les annonces de Bernard Cazeneuve, les policiers ont à nouveau manifesté à Paris et dans plusieurs villes de France, ce mercredi soir, pour dire leur ras le bol de la violence et de leurs conditions de travail.

De nouvelles manifestations de policiers, jusque sur les Champs-Elysées, ont montré, dans la nuit de mercredi 20 à jeudi, que leur colère restait forte, malgré la mobilisation du gouvernement et sa promesse de "concertations" sur leurs revendications. Les fonctionnaires de police se sont mobilisés à Paris, mais aussi au Mans, à Grenoble, Nancy, Nîmes, Toulouse ou encore Bordeaux.

"Cazeneuve t'as perdu, la police est dans la rue!" - le slogan des policiers sur les Champs-Elysées

Sur les Champs-Elysées, ils étaient environ 300 à marcher, à scander"Cazeneuve t'as perdu, la police est dans la rue!" . Ils sont montés jusqu'à l'Arc de Triomphe, sous lequel ils ont entonné la Marseillaise, avant de se disperser. Les manifestants avaient été auparavant empêchés de faire route vers le ministère de l'Intérieur. Ils étaient partis de la place de la République, après un détour par l'hôpital saint-Louis tout proche, où est soigné un adjoint de sécurité de 28 ans très grièvement brûlé dans une attaque au cocktail Molotov d'un véhicule de police à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre.

Les annonces de Bernard Cazeneuve n'ont pas convaincu

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a reçu "en urgence" dans l'après-midi les syndicats, à leur demande, pour leur annoncer le lancement dès lundi de concertations dans les départements sur les revendications policières. Les conclusions seront remises "en décembre pour mise en oeuvre immédiate dès 2017". Un plan "de sécurité publique" sera lancé en novembre et "complété des résultats de la concertation", a assuré Bernard Cazeneuve. Mais visiblement, ces annonces n'ont donc pas convaincu les policiers.

La fronde vire au débat politique

Le patron des socialistes Jean-Christophe Cambadélis a dénoncé la "patte" du Front national dans ces actions "hors la loi". "Pas de "patte" mais un soutien sans faille, face à un pouvoir qui a manifestement de la haine pour la police", a répliqué le vice-président du FN Florian Philippot, alors que la présidente du parti Marine Le Pen, évoquait mercredi soir dans un message vidéo sur Twitter, un mécontentement "légitime et sain". François Hollande, lui, a réaffirmé son "soutien" aux policiers et appelé au "dialogue".

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