Économie – Social

Valfleury : des dizaines de bénévoles volontaires pour aider les migrants

Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 2 novembre 2016 à 17:44

Quelques migrants jouent au ballon devant le centre d'accueil et d'orientation de Valfleury
Quelques migrants jouent au ballon devant le centre d'accueil et d'orientation de Valfleury © Radio France - Mathilde Montagnon

Cela fait une semaine que 34 migrants en provenance de Calais sont arrivés dans le petit village de Valfleury. La vie s'organise lentement dans les anciens locaux de l'Adapéi transformés en Centre d'accueil et d'orientation avec les salariés de l'Entraide Pierre Valdo mais aussi des bénévoles.

Dans la cour de l'ancienne Adapéi, quatre à cinq jeunes tapent dans un ballon. Cela fait une semaine que ces 34 migrants originaires essentiellement d'Afghanistan, un peu du Koweït, mais également d’Érythrée, du Soudan, du Pakistan et d'Irak ont quitté la jungle de Calais. Le plus jeune se dit mineur. Des vérifications sont en cours. Le plus âgé s'appelle Rahim. Il a 62 ans. Originaire du Koweït, il a passé plus d'un an à Calais, alors que toute sa famille est déjà en Angleterre. "c'était très difficile pour moi, explique-t-il, ma famile en Angleterre, moi à Calais et puis les conditions de vie étaient terribles à tous les niveaux". Rahim n'a qu'une envie, partir en Angleterre rejoindre sa femme et ses proches.

Sadik, lui, vient du Pakistan. Il a commencé à prendre des cours de français. Il se pose la question de rester en France finalement si cela est possible. Son professeur c'est Renaud, un enseignant stéphanois à la retraite. Il fait partie des dizaines de bénévoles qui se sont inscrits auprès de la mairie de Valfleury tout simplement pour aider. "dans la famille on a toujours accueilli des réfugiés. Moi je suis du Chambon-sur-Lignon, dit-il. Dans la famille on a accueilli des juifs pendant la guerre. Alors pour moi c'était élémentaire de se lancer là-dedans". Renaud viendra trois fois par semaine à Valfleury pour donner des cours aux migrants qui le souhaitent.

Ce stéphanois n'est pas le seul bénévole à vouloir s'investir pour aider les migrants. Loin de là. "Tout se passe très, très bien, raconte le maire Michel Maisonnette. Lundi après-midi, il y avait des migrants qui jouaient sur le terrain de jeu. Et spontanément des jeunes du village sont allés les voir. ils ont fait un match ensemble. c'est le meilleur moyen de bien accueillir ces pauvres gens. A la mairie, j'ai une grande liste de bénévoles avec 45 personnes inscrites (des habitants de Valfleury, des habitants des villes voisines). A la paroisse, ils ont une quarantaine de bénévoles qui sont inscrits aussi. Tous ces gens là se proposent soit pour donner des cours de français,des cours d'anglais. soit pour accompagner les migrants pour aller faire leurs courses. Soit pour leur faire découvrir la région. C'est un très bel élan de solidarité. Ca redonne la vraie image des habitants de Valfleury. C'est un lieu de pèlerinage, on a l'habitude d'accueillir donc je suis très content qu’aujourd’hui on puisse donner une autre image de notre joli petit village".

M.Maisonnette, le maire de Valfleury

Le maire qui avait été touché par les tensions qui avaient accompagné l'annonce de l'arrivée des migrants à Valfleury. La réunion publique d'information notamment avait mal tourné. Y compris parce que des participants (n'habitant pas la commune) avaient voulu l'instrumentaliser selon le secrétaire général de la préfecture de la Loire Gérard Lacroix qui se réjouit de se retour au calme "Il y a beaucoup d'habitants qui ont fait beaucoup de gestes très humains en apportant de la nourriture, en apportant des vêtements. On part sur de très bonnes bases".

La vie des migrants est encadrée par des salariés de l'Entraide Pierre Valdo, deux la nuit, quatre le jours. Dans un premier temps, il s'agit de créer un climat de confiance avec ces hommes qui ont passé jusqu'à un an pour certains dans la jungle de Calais. Présenter le règlement intérieur, les règles de vie collective, faire un bilan de santé et puis commencer les démarches administratives pour déposer éventuellement un dossier de demande d'asile. Les migrants doivent rester dans la commune 6 mois au maximum.

Reportage de Mathilde Montagnon