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Économie – Social DOSSIER : Tous Apprentis

Tous apprentis - "il faut améliorer l'image de l'apprentissage" (Philippe Tiersen)

lundi 28 mai 2018 à 9:25 Par Adeline Divoux et Nicolas Crozel, France Bleu Isère

Le réseau France Bleu s'associe avec France 3 pour mettre en valeur l'apprentissage lors d'une journée spéciale ce lundi 28 mai, alors que le gouvernement propose aux députés une réforme d'une filière qui n'attire que 7% des 16-25 ans en France.

Philippe Tiersen est président de la Chambre des métiers et de l'artisanat de l'Isère.
Philippe Tiersen est président de la Chambre des métiers et de l'artisanat de l'Isère. © Radio France - Adeline Divoux

Grenoble, France

"L'apprentissage a un déficit d'image depuis plusieurs années parce que, de manière globale, le travail manuel n'est pas valorisé en France comme c'est le cas des métiers du tertiaire", indique Philippe Tiersen, président de la Chambre des métiers et de l'artisanat de l'Isère. Seulement 7% des 16-25 ans choisissent l'apprentissage en France. Un chiffre que l'Etat souhaite augmenter en rendant cette voie plus attractive. L'Assemblée nationale discute cette semaine du projet de loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel". "C'est vraiment une priorité. Il doit y avoir un dialogue sur ces métiers. Les collégiens doivent aussi pouvoir venir dans les entreprises", affirme Philippe Tiersen. 

Cette réforme propose de prolonger l'apprentissage jusqu'à 29 ans révolus, contre 25 ans actuellement. Une proposition saluée par Philippe Tiersen, invité de France Bleu Isère à 7h50 ce lundi : "C'est une bonne idée et ce sera une bonne mesure, parce qu'il y a de plus en plus de personnes qui recherchent des reconversions et qui pourront donc se former par le biais de l'alternance et de l'apprentissage."

Philippe Tiersen sur France Bleu Isère

Autre proposition du projet de loi, permettre aux apprentis mineurs de travailler la nuit. Dans le cas des boulangers notamment : "Pour faire du pain, il faut le faire la nuit, donc il faut pouvoir travailler de nuit. Actuellement, l'apprenti mineur arrive à 7h du matin alors que la journée de travail du boulanger est déjà faite." Pour Philippe Tiersen, le système actuel manque de logique : "Trop de contrainte tue l'apprentissage." Le président de la Chambre des métiers et de l'artisanat de l'Isère estime que les règles doivent être simplifiées pour renforcer cette filière et limiter les problèmes. "Il faut privilégier la conciliation et, a priori, les mesures du gouvernement vont dans ce sens-là", précise-t-il. 

"Pour l'instant, nous sommes dans l'inconnu." - Philippe Tiersen, président de la Chambre des métiers et de l'artisanat de l'Isère

Cette réforme sur l'apprentissage comprend toutefois des risques, à savoir congédier l'apprenti plus facilement. Philippe Tiersen en a conscience, mais se veut rassurant : "Tout le travail doit se faire en amont, avec les motivations de l'apprenti et celles de l'entreprise. Il faut mettre cela en adéquation avant." Le financement de cette réforme interroge également, notamment avec l'aide unique qui remplacera les trois aides financières et le crédit d'impôt actuellement mis en place. "Pour l'instant, nous sommes dans l'inconnu. Les coûts au contrat seront différents en fonction des types de formation", indique Philippe Tiersen. D'autant plus que la réforme prévoit un budget qui sera alloué à chaque apprenti, alors que le système actuel prévoit un budget global pour les centres d'apprentis. "Cela va sûrement créer des distorsions dans les CFA en fonction de leur taille", s'inquiète-t-il. "Il sera plus facile d'être dans un grand CFA dans des métropoles que dans une structure plus petite, dans une ville moyenne, or les besoins de formation des apprentis sont aussi importants en milieu rural", conclut Philippe Tiersen.