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Économie – Social

Malaise social chez Primark à Dijon ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Bourgogne

Des conditions de travail qui se dégraderaient et des jeunes mis de côté avant la fin de leur période d'essai. Le climat social semble tendu dans la célèbre enseigne irlandaise de vêtements à bas coût présente à Dijon.

L'ouverture de Primark à Dijon, le 3 février 2014.
L'ouverture de Primark à Dijon, le 3 février 2014. © Maxppp - Barreau Nicolas /NCY

Dijon, France

L'omerta. Depuis quelques temps, d'après des témoignages recueillis par le syndicat Solidaires 21 et France Bleu Bourgogne, des salariés de Primark Dijon souffrent en silence, de peur d'être mal vus par leur direction. Trois ans presque jour pour jour après l'ouverture de la boutique de prêt-à-porter irlandaise, certains salariés syndiqués CFDT - moins de dix, les seuls syndiqués de l'entreprise basée à Dijon sur 220 autres employés - ont décidé de lancer un appel à la grève samedi à la Toison d'Or, avant de se rétracter pour des raisons inconnues.

Des jeunes désabusés

Il suffit de se rendre dans les rayons de l'immense magasin dijonnais pour remarquer le nombre de jeunes salariés qui y travaillent. L'enseigne propose des contrats étudiants de huit heures minimum, qui leur permet de travailler une journée par semaine. Une aubaine mise en avant par la marque dès la session d'entretien d'après Marc*, un jeune et ancien salarié de 18 ans (*Nous avons changé son prénom, il souhaite garder l'anonymat).

Néanmoins, il a accepté de livrer son témoignage à France Bleu Bourgogne pour "montrer l'envers du décor, que derrière le beau côté des rayons, les salariés ne sont pas respectés, les gens vont travailler avec la boule au ventre" d'après lui. "On avait une quantité de travail qui était impressionnante (...) à chaque fois, on savait qu'on allait passer une journée infernale", précise Marc.

Reportage sur les conditions de travail chez Primark à Dijon.

"J'ai eu honte devant mes parents"

Ce jeune étudiant nous explique sa mésaventure pour sa première expérience professionnelle. "Un matin avant d'aller travailler, une heure avant d'y aller, j'ai reçu une lettre recommandée qui me disait que Primark ne prolongeait pas ma période d'essai (...) on m'a pourtant fait faire des heures supplémentaires, on ne m'a fait aucun reproche (...) à l'heure d'aujourd'hui, je ne sais toujours pas pourquoi je n'ai pas fait l'affaire, et ce n'est pas faute d'avoir contacté la direction ", explique-t-il.

Malgré tout, même si c'est un "manque de considération" à l'encontre de ses employés, cette pratique n'est pas illégale au niveau du droit du travail. Si le salarié ne fait pas l'affaire, l'employeur peut décider de ne pas le prolonger.

Mais son histoire ressemble étrangement à celle d'une ancienne autre salariée de Primark dans le Var. Elle a ouvert un groupe Facebook et porté l'affaire en justice, aux Prud'hommes, avec son avocat Maître Frédéric Casanova. Il précise d'ailleurs que ses clients "ont été remerciés avant la fin de leur période d’essai", ce qui pourrait d'après lui démontrer que Primark ne veut pas avoir "à recourir à des CDD ou des contrats d’intérims, qui impliquent le paiement de primes de précarité". Difficile à prouver.

Aussi, d'après Primark, contactée par nos soins, "Les allégations relatives au non-respect des règles édictées par le droit du travail français dont notre entreprise fait l’objet sont sans fondement."

La pratique d'embaucher des dizaines de jeunes plusieurs fois dans l'année en CDI et de mettre fin à leur période d'essai semblerait être courante d'après Marc et le syndicat Solidaires 21. Mais aussi dans d'autres Primark de France, comme celui de La Valette, où plusieurs salariés - dont la Varoise dont nous parlions plus haut - auraient reçu le même traitement l'année dernière d'après nos confrères de Var Matin.

De son côté, l'entreprise Primark confirme que "chaque rupture de contrat de travail s’est déroulée conformément à la législation française : la période d'essai permettant tant à l'employeur qu’au salarié de mettre fin au contrat de travail tout au long de cette période."

Des pressions à l'intérieur

Mercredi, la CFDT a d''abord appelé les salariés de Primark Dijon à faire grève samedi, avant de se rétracter. Le même jour, un autre mouvement social européen est lui maintenu à la Toison d'Or et organisé par Solidaires 21 en soutien au salarié d'une autre enseigne d'outre-Manche, New Look.

D'après l'un des porte-paroles du syndicat Solidaires 21, deux salariés de Primark l'ont contacté dans la plus grande discrétion pour lui faire part "de la pression constante des managers, de la prise du travail jusqu'à la fin du travail. Ils passent derrière eux parfois en leur disant "hé ho" ou en leur donnant une petite tape sur l'épaule visant à les motiver. Sauf que plusieurs fois par jour, tous les jours, c'est direction la case dépression", explique-t-il.

Primark affirme : "Conformément à ses valeurs, Primark recrute et encadre ses collaborateurs dans le respect des règles édictées par le droit du travail français.'