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Économie – Social

Vent de révolte chez Uber Eats à Dijon

lundi 15 avril 2019 à 18:45 Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne

Ils dénoncent la baisse de leurs rémunérations depuis le mois de février. Ils souhaitent également être payés à l'heure de connexion et le paiement de leurs trajets lorsqu'ils vont chercher des commandes dans les restaurants. A Dijon les livreurs Uber Eats se sont "déconnectés" dimanche soir.

Un livreur Uber Eats (illustration)
Un livreur Uber Eats (illustration) © Maxppp - Josselin CLAIR

Dijon - France

Dimanche soir une trentaine de livreurs à vélo de cette célèbre plateforme de livraison de repas ouverte en août 2017 à Dijon ont cessé le travail. Unanimement ils ont décidé de se déconnecter de 19h à 22h. Motif de cette colère : depuis février dernier l'entreprise américaine aurait recruté trop de livreurs par rapport au nombre de courses. Du coup il y a moins de boulot et ils perdraient de l'argent. 

Ils seraient plus de 400 à Dijon

Avec leurs caissons noir et verts sur le dos ils estiment qu'ils sont plus de 400 à tourner dans les rues de Dijon. 400 pour aller chercher les commandes dans 80 restaurants de la ville et les livrer chez les clients. 400 c'est beaucoup trop estiment la plupart d'entre eux. Depuis quelques mois les plus anciens de ces livreurs auraient ainsi perdu 25% de leurs revenus. C'est le cas de Bébert, l'un de ces "forçats de la route". 

Bébert

"Je ne gagne plus ce que je gagnais avant"

"Malheureusement je ne gagne plus ce que je gagnais avant. Il y a encore quelques mois je gagnais 100 euros par jour pour une dizaine d'heure de connexion. Maintenant je dois en faire 12 ou 14 pour gagner moins de 100 euros donc c'est un peu inadmissible" assène le trentenaire.  

Un livreur Uber Eats (illustration) - Maxppp
Un livreur Uber Eats (illustration) © Maxppp - DR

20-30 livraisons par jour

Bébert en a "gros sur la patate", lui qui estime avoir contribué au succès d'Uber Eats sur Dijon, et dont la fidélité à l'enseigne ne serait pas payée en retour. "Moi je fais partie des livreurs qui assurent 20-30 livraisons par jour, je suis en vélo électrique, je me suis équipé et quand je vois le retour qui m'ait fait, qu'on ne nous donne plus de travail, qu'on nous baisse les bonus qui nous étaient alloués au début pour nous attirer, j'ai un peu l'impression de me faire avoir". 

De plus en plus taxés

Pour les livreurs d'Uber Eats, il y a d'autres motifs de grogne. Ces travailleurs indépendants seraient ainsi de plus en plus taxés comme l'explique ce jeune livreur qui souhaite garder l'anonymat. "Par exemple sur une livraison à 5 euros, ils nous prennent 25%, ils prennent 30% au restaurateur et depuis quelques temps ils ont rajouté un euro sur la livraison. Un euro que nous n'avons jamais reçu, les dirigeants d'Uber l'ont gardé pour eux". 

Les livreurs veulent être payés à l'heure de connexion 

Voilà pourquoi les livreurs d'Uber Eats souhaitent une rémunération à l'heure. Il faut savoir que certains comme ce jeune homme tournent à 90 heures connectées par semaine! Et ils veulent également toucher des sous quand ils vont chercher les commandes dans les restaurants ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. "Là j'ai une commande du côté d'Ikéa, ça fait 4 km 300 pour y aller. Faire ces 4 km 300 gratuitement c'est chiant quoi!" 

Un livreur Dijonnais d'Uber Eats  - Radio France
Un livreur Dijonnais d'Uber Eats © Radio France - Thomas Nougaillon

Ils pourraient de nouveau bouder l'appli

S'ils ne sont pas entendus très rapidement les livreurs d'Uber Eats promettent de se déconnecter de nouveau et faire perdre beaucoup d'argent à la plateforme américaine promet Razil. "Cela peut être un lundi, un samedi on ne sait pas exactement quand on le fera mais on le fera. Et ce ne sera pas qu'à l'échelle de Dijon on essaiera de propager le mouvement dans les autres villes. Parce que c'est ensemble qu'on est forts, là ça peut faire du bruit, là ça peut faire des ravages".

Razil

La réponse de la direction d'Uber

Contacté la direction d'Uber Eats n'a pas réagi sur l'augmentation du nombre de ses livreurs dans la Capitale des Ducs en revanche elle signale que "la mise à jour du montant des frais de livraison a pour objectif de permettre d'élargir la sélection de restaurants et de types de cuisines disponibles pour les clients et d'accompagner le développement des restaurants partenaires, notamment, en investissant dans des campagnes de communication et en continuant à proposer de nouvelles fonctionnalités." Uber Eats va plus loin : "nous continuons à travailler et innover pour offrir la meilleure expérience possible à tous les utilisateurs de l'application - qu'ils soient restaurateurs, coursiers partenaires ou clients".

Les livreurs seraient désormais trop nombreux à Dijon, les explications de notre reporter.

Mais il y a d'autres motifs de grogne.