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Vers un redressement judiciaire : un espoir pour Altia ?

Par Alexandre Chassignon et Fanny Beaurel, France Bleu Creuse et France Bleu Limousin jeudi 24 avril 2014 à 11:09

L'entrée de l'usine Altia à La Souterraine.
L'entrée de l'usine Altia à La Souterraine. © Mathieu Tijeras - La Montagne - Maxppp

Moins de deux semaines après son arrivée, le repreneur américain de l'équipementier déclare trois sites, dont ceux de Bessines et La Souterraine, en cessation de paiement. Un premier pas vers une mise en redressement judiciaire où les employés espèrent voir un repreneur "sérieux" se positionner.

A l'origine de ce nouveau coup de théâtre, Peugeot et les employés du site d'Altia à Bessines. Tony Zandos, patron du repreneur Transatlantic industries, était en Haute-Vienne ce mercredi. Sur place, des salariés l'ont retenu une partie de la journée, avant de le laisser partir. Entre-temps, le PDG a annoncé aux syndicats qu'il déclarerait plusieurs sites, dont La Souterraine et Bessines, en cessation de paiement.

Il a rendez-vous ce jeudi à 14 heures au tribunal de commerce de Paris. La suite logique de cette démarche serait un placement en redressement judiciaire, ce qui permettrait à d'autres candidats à la reprise de se manifester. Exactement ce que demandent les syndicats.

L'ombre de PSA

La procédure pourrait aussi concerner un troisième site à Beaucourt, près de Belfort. Comme les deux sites limousins, l'usine franc-comtoise travaille principalement pour PSA. Le constructeur a assigné ces sites, ou menacé de la faire, pour récupérer une ardoise sur les matières premières : 7,5 millions d'euros rien que pour La Souterraine. Une façon pour le constructeur de montrer sa défiance envers le repreneur américain , alors même que des éléments de la future Citroën Cactus sont produits en Creuse.

"La BPI aurait dû être informée, ça n'a pas été le cas"

Le ton monte aussi chez un autre actionnaire, la BPI. La Banque publique d'investissement n'a pas même été prevenue de la prise de contrôle de Transatlantic industries ! C'est pourtant ce que prévoyait le pacte d'actionnaires, révèle le porte-parole de l'organisme public, interrogé par Fabien Arnet sur France Bleu Creuse. Antoine Boulay qualifie la cession de "rapide, c'est le moins qu'on puisse dire" et précise être vigilant sur "la régularité de l'opération" et "ses suites".

"La BPI aurait dû être informée, ça n'a pas été le cas"

Employés, clients, actionnaire public... personne n'est favorable au maintien de Transatlantic Industries. Il y a urgence, et pas seulement pour les 500 employés Limousins, dont 330 à La Souterraine. Les sous-traitants souffrent aussi. Creus'éa, voisin creusois d'Altia spécialisé dans le contrôle qualité, a dû mettre 10 de ses 14 employés au chômage technique depuis deux semaines. Ce mercredi, le tribunal de commerce de Guéret a placé l'entreprise en procédure de sauvergarde. Et son patron craint que la situation se dégrade encore.

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