Économie – Social

Victoire de Trump : les producteurs de chablis pas rassurés

Par Benoît Jacobo et Lucas Valdenaire, France Bleu Auxerre et France Bleu mercredi 9 novembre 2016 à 21:10

Donald Trump, ou un renforcement du protectionnisme économique ?
Donald Trump, ou un renforcement du protectionnisme économique ? © Maxppp -

L'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis est suivie avec attention par les producteurs de chablis, qui redoutent une perte de compétitivité pour leurs vins à l'étranger.

Donald Trump, qui veut construire un mur anti-immigration à la frontière du Mexique, va-t-il aussi ériger des barrières économiques entre les États-Unis et l'Europe ? La question est posée après la campagne du candidat, aux discours nationalistes et anti-mondialisation. L'heure est plutôt à l'attente et l'inquiétude chez les producteurs chablisiens.

Wait and see !

Du côté du domaine Laroche, c'est... "Wait and see !, sourit Camille Julliard, la responsable marketing. On va essayer de rester calmes, et on va voir comment ça va se passer ces prochaines semaines et ces prochains mois. Mais le marché américain est très important pour nous, les Américains sont de grands amateurs de vins blancs, on va continuer à investir sur ce marché".

Damien Leclerc, le directeur de la cave coopérative "la Chablisienne", exporte 60% de ses produits, notamment aux Etats-Unis. "Cette montée des populismes introduit d'abord une instabilité forte sur les parités monétaires, explique-t-il. Et quand vous commercez en euros et que l'euro devient très fort, vous perdez de la compétitivité et inévitablement, il y a des conséquences sur nos ventes, et sur la capacité des entreprises à exporter."

La tentation actuelle, c'est la fin de la mondialisation, le fait de se recroqueviller sur soi-même - Damien Leclerc, directeur de la cave coopérative "la Chablisienne"

Mais ce n'est pas tout. "L'élection de Trump, comme le Brexit, démontrent que la tentation actuelle, c'est plutôt la fin de la mondialisation, le fait de se recroqueviller sur soi-même, selon Damien Leclerc. Et derrière tout ça, les conséquences peuvent être l'augmentation des droits de douane, avec là aussi une perte de compétitivité sur les exportations. Et les échos que l'on a, c'est plutôt l'inquiétude".