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VIDEO - Blocage des Fonderies du Poitou à Ingrandes

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Par , France Bleu Poitou
Ingrandes, France

Plus de 200 salariés des filières fonte et aluminium des Fonderies du Poitou ont bloqué les entrepôts du site ce jeudi 4 mai à l'appel de la CGT. Face aux difficultés de l'usine et aux chutes de commandes liées à la crise du coronavirus, les salariés réclament plus de clarté sur leur sort.

Des tas de pièces de fonte ont été entreposés par les salariés devant l'entrée d'un entrepôt des Fonderies
Des tas de pièces de fonte ont été entreposés par les salariés devant l'entrée d'un entrepôt des Fonderies © Radio France - Flore Catala

Les Fonderies du Poitou à Ingrandes, près de Châtellerault, s'enfoncent dans la tourmente : les emplois des salariés des filières fonderie et aluminium sont menacés par une activité en berne depuis de nombreux mois. Une situation difficile que la crise du coronavirus a rendu encore plus sombre. Ce jeudi 4 mai, vers 10h, environ 200 salariés de l'usine se sont rassemblés et ont bloqué les expéditions de pièces de fonte pour alerter sur leur sort.

Barricade de fonte

Le fracas des lourds carters, ces pièces de fonte qu'on trouve dans les moteurs, résonne à l'entrée du site d'Ingrandes. Plusieurs dizaines de salariés sont réunis pour organiser le blocage des expéditions de centaines de pièces. Elles devaient normalement être chargées à bord de camions, direction l'usine Renault de Cléon, mais rien ne quittera les Fonderies aujourd'hui : les pièces sont sorties des entrepôts et déversées en tas sur le sol, formant une grande barricade de fonte et de palettes de bois.

Un coup d'éclat organisé par les salariés à l'appel de la CGT pour interpeller sur leur sort la direction, le groupe Renault, mais aussi Liberty House, le principal actionnaire et propriétaire des Fonderies. Depuis la mise à l'arrêt ou au chômage partiel de nombreux employés, aucun plan clair n'a été avancé pour informer les salariés sur leur avenir au sein de l'usine. 

Des salariés moroses

L'activité est au ralenti, conséquence de la chute des commandes de Renault. Un signe qui ne trompe pas pour Igor. Cet employé dans la filière fonte sait déjà que l'avenir sera sombre : "soit ils nous licencient, soit ils nous reprennent en équipe. Mais au fond, on sait très bien qu'on est trop nombreux, et il va falloir des départs". Un constat amer pour beaucoup de salariés, déjà payés seulement 75% de leur salaire pour certains. Tous se demandent comment construire l'avenir, payer ses crédits, faire vivre sa famille.

Nous avons peur de ce que nous allons devenir - Patrice, salarié de la filière fonte des Fonderies du Poitou

Alors face à la situation, plusieurs baissent les bras. Igor avoue vouloir démissionner et chercher un autre emploi dans la région. Une solution qui paraît plus difficile à Miguel. Pour lui, changer d'emploi ne se fait pas en un claquement de doigts. Il travaille depuis plus de 15 ans aux Fonderies, mais aujourd'hui, il n'en peut plus : "La coupe est pleine, ça me tape sur le système ! J'ai été obligé d'aller voir le médecin pour qu'il me prescrive des médicaments pour me calmer. Même niveau sommeil, c'est pesant".

Le témoignage de Miguel, 38 ans, salarié aux Fonderies

Pour les salariés plus âgés, la situation est là aussi pesante. "Nous avons peur pour ce que nous allons devenir" déplore Patrice, 59 ans. "Il y a beaucoup de gens ici qui sont aux alentours de 50 ans. Ils ont très peur, s'ils sont au chômage, de rester sur le carreau".

Environ 200 salariés se sont rassemblés sur le site des Fonderies, jeudi 4 mai au matin
Environ 200 salariés se sont rassemblés sur le site des Fonderies, jeudi 4 mai au matin © Radio France - Flore Catala

Pour tous ces salariés dépités, le plus dur à vivre reste l'incertitude. Tant qu'ils n'auront pas de réponses à leurs questions et inquiétudes, ils poursuivront le blocage des expéditions de pièces de fonte. De quoi inciter Renault et Liberty à se mettre autour de la table pour entamer des négociations de garanties en cas de départs.

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