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Économie – Social DOSSIER : Mai-68

VIDÉO - Mai-68 à Marseille : une mobilisation ouvrière forte, mais sans violences

lundi 7 mai 2018 à 16:06 Par Isabelle Lassalle, France Bleu Provence

Si Paris a longtemps monopolisé l’histoire de Mai-68, le mouvement s’est aussi largement vécu en province et notamment à Marseille et dans sa région, où la mobilisation ouvrière a été particulièrement forte, mais s’est déroulée sans violences.

Mai-68, sur la Canebière, à Marseille.
Mai-68, sur la Canebière, à Marseille. © Maxppp -

Marseille, France

Le mouvement social et contestataire de Mai-68 fête ses cinquante ans. Une onde de choc qui a secoué Paris, mais pas seulement ; en province, les événements ont également été riches même si moins connus. C’est d’autant plus vrai dans les métropoles régionales où le mouvement ouvrier et populaire a été d’autant plus fort. À Marseille, du côté étudiant la mobilisation s’est faite avec le Groupe 66 qui rassemblait des révolutionnaires, notamment de l’université de Saint-Charles. Et du côté de la mobilisation ouvrière, tout commence à Sud-Aviation (l’ancien airbus helicopters de Marignane).

L’ampleur de la mobilisation ouvrière

L’une des spécificités marseillaises, c’est l’ampleur des grèves ouvrières. En fait, quand le mouvement de contestation arrive à Marseille en Mai-68, la ville et sa région sont déjà dans une phase de crise économique avec un chômage plus présent qu’ailleurs. Les divers syndicats vont entrer en concurrence et s’affronter avec le pouvoir municipal qui a noué un lien privilégié avec FO, un syndicat aux ordres de Gaston Defferre, alors maire de la ville.

De cette situation économique particulière, vont naître des mobilisations ouvrières fortes qui dépassent les mouvements étudiant et lycéen. La crise a en effet accéléré la fermeture des entreprises et a déplacé un certain nombre d’activités hors du territoire avec le développement de la pétrochimie et de Fos-sur-Mer. Le tissu industriel, l’activité portuaire et la forte présence de la CGT vont contribuer à rendre les grèves ouvrières marseillaises durables et massives. En fait, Mai-68 ouvre à Marseille une décennie de mouvements sociaux et de mobilisations contre les pouvoirs en place.

Une mobilisation sans violences

L’autre spécificité marseillaise, c’est le calme relatif du mouvement : les mobilisations étaient fortes, mais se sont globalement déroulées sans violences. Les rapports des Renseignements généraux le constatent « ça se passe bien, […] la CGT et les communistes ont la situation en main ».

C’est le constat d’une équipe d’universitaires, auteurs de Marseille année 68 qui ont ouvert, pour la première fois, les archives des RG. Dans leur bilan sur les manifestations des mois de mai et juin 68, ils notent l’absence d’incident et « la volonté évidente de ne pas rechercher, dans la mesure du possible, un affrontement avec les forces de police ».