Économie – Social

Viré pour avoir livré un colis avec trois minutes de retard : la CGT dénonce les méthodes de DPD à Mauguio

Par Sébastien Garnier, France Bleu Hérault et France Bleu mardi 24 janvier 2017 à 16:14

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illustration © Maxppp -

La CGT tient à alerter l'opinion publique sur l'organisation du travail et les pratiques managériales à DPD, cette filiale de La Poste, basée à Mauguio (Hérault). Depuis plusieurs mois, les licenciements, les ruptures conventionnelles et les accidents du travail y explosent.

"Viré pour avoir livré un colis avec trois minutes de retard" : c'est ce qui est arrivé à un salarié de l'entreprise DPD de Mauguio. DPD est une filiale de La Poste qui fait de la livraison de colis aux particuliers et aux entreprises.

Depuis deux ans, les conditions de travail se dégradent, selon la CGT, qui parle de "politique de la terreur" .

"Tout est fait pour broyer le personnel." - Un représentant de la CGT

Depuis 2014-2015, on déplore dans toute la France 19 accidents du travail, 87 licenciements, 39 démissions et plus d'une vingtaine de ruptures conventionnelles sur un total de 1.500 salariés, déplore le syndicat.

La sous-traitance devient la norme

À la plateforme de Mauguio, le personnel a été réduit de moitié alors que l'activité augmente. Il ne reste que six chauffeurs-livreurs.

Ces derniers sont remplacés petit à petit par des sous-traitants, financièrement plus intéressants pour la direction. Les représentants syndicaux font aussi l'objet de procédures systématiques visant à les licencier.

Le 28 janvier 2015, Tony Fougère, chauffeur livreur, a été victime d'un grave accident du travail et la direction n'a rien fait pour l'aider.

"À cause du poids des colis, mon dos a lâché. Je suis paralysé de la jambe définitivement et la direction a refusé de continuer à me payer pendant plusieurs mois." - Tony, chauffeur-livreur à Mauguio

Aujourd'hui il est en passe d'être licencié.

Tony Fougère victime d'un accident du travail à Mauguio

Julie Derudnicki, avocate de quatre salariés de Mauguio parle des méthodes managériales inacceptables.

"On passe de 80 à 200 colis à livrer dans la même journée. Ça débouche forcément sur des accidents." - Maître Derudnicki

Julie Derudnicki avocate des salariés de Mauguio

L'idée pour l'instant est d'alerter l'opinion publique sur les conditions de travail, sachant que tout le monde envoie des colis. Des actions sont prévues ces prochaines semaines sur le site de Mauguio.

La direction de l'entreprise n'a pas souhaité réagir pour l'instant.