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Économie – Social

Virés par SMS, les salariés de "Bodyguard" redoutent le licenciement et se demandent "où est passé l'argent"

jeudi 3 mai 2018 à 6:05 Par Valentin Dunate, France Bleu Paris et France Bleu

Le 16 avril dernier, la direction de "Bodyguard" basée à Evry a envoyé un SMS aux salariés pour les prévenir de la liquidation judiciaire de l'entreprise. Depuis, ils n'ont aucune nouvelle du mandataire et se demandent comment une entreprise aussi florissante a pu couler en quelques mois.

Capture d'écran d'un salarié de Bodyguard. SMS indiquant la liquidation judiciaire
Capture d'écran d'un salarié de Bodyguard. SMS indiquant la liquidation judiciaire © Radio France - Valentin Dunate

Évry, France

Comme en témoigne cet article de 2015, le PDG de la société "Bodyguard", Eddy Loungar, expliquait ne plus pouvoir suivre la demande : "Nous n'avons plus les capacités de fournir de prestations à de nouveaux clients donc nous sommes dans l'obligation de les refuser" précisait-il C'est dire à quel point "Bodyguard" se portait bien. Plus de 26 millions d'euros de chiffres d'affaires en 2016 selon les informations que s'est procurées France Bleu Paris. 

On nous a pris pour des moins que rien" - Salarié    

Le changement de cap commence en octobre dernier où des dizaines de salariés sont licenciés. "Il y a quand même des pères de famille qui ont été licencié pour 5 minutes de retard" affirme Yannick Chamon, salarié chez Bodyguard depuis 7 ans. Cet agent travaille dans la sécurité depuis 26 ans et n'avait "jamais vu ça". Le 16 avril dernier, il est donc prévenu par SMS de la liquidation judiciaire de l'entreprise. "Le SMS il ne passe pas. Je suis dégoûte parce que jamais je n'aurais pensé qu'on pouvait en arriver là, surtout venant de "Bodyguard". Donc je suis dégoûté puisqu'on nous a pris pour des moins que rien et désormais beaucoup de personnes vont se retrouver au chômage : 430 salariés peut-être même en licenciement économique. Aujourd’hui, on est dans le vide, on a rien. Tant que le mandataire ne nous dit rien, on ne peut rien faire, on ne peut pas bouger de chez nous".   

Depuis le SMS, les salariés n'ont plus de nouvelles

Aujourd’hui, en dehors du SMS et de l'email, on a rien du tout" - Délégué CGT   

En effet, "Bodyguard" était une société réputée qui assurait la sécurité de beaucoup de ministères, hôpitaux, tribunaux et grandes enseignes comme L'Oréal ou la RATP. Suite à la liquidation judiciaire, le mandataire avait 16 jours pour contacter d'éventuels repreneur mais la date limite, fixée à la fin de le semaine, fait craindre à la CGT un licenciement économique pour tous les salariés. "Au regard de la masse salariale, un grand nombre de salariés pourraient rentrer dans les critères éligibles à la reprise. Donc on pourrait théoriquement sauver tous les emplois. Sauf que le temps presse. Le délai c'est le 4 mai" précise Renaud Poncet, le délégué CGT de l'entreprise. "Aujoudh'ui, en dehors du SMS et de l'email, on a rien du tout et donc d'ici vendredi, le mandataire judiciaire doit donner toutes les informations : aux sociétés entrantes, aux donneurs d'ordre et aux salariés. Ca me parait compliqué".   

On se demande où est passé l'argent ?" - Salarié   

Enfin, dans l'attente de précisions sur l'avenir, ces salariés se demandent également comment cette entreprise si florissante a pu couler en quelques mois : "Comment on peut en arriver là, si vite ? On se demande où est passé l'argent, on demande des comptes" ajoute Yannick Chamon. A ce sujet, plusieurs enquêtes sont actuellement en cours selon les informations de France Bleu Paris. Le fondateur de la société, Eddir Loungar, personnage sulfureux, a déjà été condamné en 2015 pour blanchiment et travail dissimulé. Suite à cette condamnation, il est censé ne plus gérer ou être actionnaire d'une entreprise de sécurité.