Économie – Social

Vivarte : les salariés auvergnats sont inquiets

Par Jade Peychieras, France Bleu mercredi 25 janvier 2017 à 7:00

Manifestation des salariés de Vivarte au printemps 2015.
Manifestation des salariés de Vivarte au printemps 2015. © Sipa - ROMUALD MEIGNEUX

Le groupe Vivarte annonce la vente de deux de ses enseignes : Naf Naf et André. 141 magasins "La Halle aux Chaussures" mettront aussi la clé sous la porte. Selon les syndicats, entre 700 et 800 postes supprimés.

On est en plein pendant les soldes, dans ce magasin la Halle de l'agglomération clermontoise : les panneaux affichent -50, -70%, et pourtant, les rayons sont presque déserts... Sandrine* et Elodie* travaillent dans cette chaîne depuis 21 et 30 ans, et aujourd'hui elles ont peur pour leur avenir. "Bien sûr, comme tout le monde je pense", affirme Elodie. "On est dans la peur du lendemain", confirme Sandrine. Cette entreprise qu'elle connaissent depuis si longtemps, elles l'ont vues plonger en quelques années. Dans ce magasin par exemple, c'est simple, le chiffre d'affaire est passé de 6 à 2 millions d'euros. "Dès qu'ils ont décidé de mettre des marques, on a vu la baisse, décrypte Elodie. Ils se sont trompés là-dessus, ils ont augmenté les prix et ça n'est pas ce que notre clientèle attendait. Ça fait mal au cœur". "On essaie de positiver, mais aujourd'hui c'est difficile, se désole Sandrine. On voudrait y croire, mais il ne faut pas se voiler la face".

L'année dernière, la Halle aux Vêtement a déjà subi un plan social. Trois collègues de Sandrine et Elodie avaient dû partir. Cette fois-ci, elles espèrent passer entre les gouttes. Un rapprochement entre "la Halle aux chaussures" et "La Halle aux Vêtements" devrait avoir lieu, qui se traduira nécessairement par une baisse des effectifs. Selon les syndicats, entre 700 et 800 postes seront supprimés, des suppressions qui devraient avoir lieu chez la Halle aux Chaussures.

"On n'a plus rien à perdre"

Dans cet autre magasin du groupe, chez la Halle aux Chaussures, justement, les salariés sont en colère. Dépités par l'annonce de la fermeture de 141 magasins (sur 650) à travers toute la France. Malgré tout, personne n'ose parler, ni les vendeuses, ni la gérante. "On a reçu un mail de la direction avec la consigne de ne pas nous exprimer", glisse cette dernière. Elle aurait bien voulu l'exprimer, sa colère, "on n'a plus rien à perdre", confiait celle qui, par prudence, a fini par se raviser.

*Les prénoms ont été modifiés.