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Redressement judiciaire chez Sotralentz : la population d'Alsace bossue solidaire

Par Olivia Cohen, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass samedi 8 octobre 2016 à 0:24

200 personnes environ ont assisté à la réunion d'information au sujet de l'avenir de Sotralente en Alsace bossue
200 personnes environ ont assisté à la réunion d'information au sujet de l'avenir de Sotralente en Alsace bossue © Radio France - Olivia Cohen

200 personnes ont assisté à la réunion publique organisée par la CGT à Drulingen, au sujet de l'avenir du groupe de chaudronnerie Sotralentz, placé en redressement judiciaire le 28 septembre. Dans le public, habitants, salariés et commerçants craignent pour l'avenir de la région si Sotralentz ferme.

Le groupe Sotralentz a été placé en redressement judiciaire mercredi 28 septembre. 600 emplois sont menacé en Alsace bossue. Les repreneurs ont jusqu'au vendredi 28 octobre pour se manifester, la prochaine audience du Tribunal de Grande Instance aura lieu le lundi 31. Résultat, la CGT a tenu une réunion publique ce vendredi soir à Drulingen pour informer la population sur l'avenir du groupe de chaudronnerie. Environ 200 personnes ont participé aux débats.

"Sotralentz fait vivre tous les villages autour de Drulingen !"

Dans le public réuni à la salle des fêtes de Drulingen, se trouvaient des employés menacés de licenciement évidemment, mais aussi des commerçants très inquiets. Annick Untereiner, souriante et cheveux courts, tient une boutique de prêt-à-porter dans le centre-ville. Pour elle, il faut que la population se mobilise. Si les salariés de Sotralentz partent, c'est tous les petits commerces de l'Alsace bossue qui vous en payer les conséquences :

"Mes plus fidèles clientes sont des employées de Sotralentz"

Parmi mes clientes les plus régulières, il y a des employées de Sotralentz ou des épouses d'ouvrier. Ma boutique va fêter ses dix ans, ça n'aurait pas été possible sans leur fidélité. Ces gens ont fait le choix de s'habiller chez moi, de privilégier un commerce de proximité et non pas une franchise de grande métropole : c'est à mon tour de les soutenir et de me montrer solidaire, s'il faut baisser le rideau de fer, je le ferai !

"S'il faut baisser mon rideau de fer en solidarité avec les salariés de Sotralentz, je le ferai !"

Christine, queue de cheval et regard pensif, est femme d'ouvrier chez Sotralentz. Elle le sait, pour son mari, retrouver un travail dans les environs, ce sera mission impossible, il faudra se résoudre à partir. Ce sera non seulement un crève-coeur pour eux, mais ce sera mauvais pour la région : "Sotralentz ne fait pas vivre que Drulingen mais tous les petits villages autour !"

Si Sotralentz ferme ou licencie, les répercussions seront énormes, notamment pour les petites boîtes qui collaborent avec Sotralentz. Gérard Pfeiffer fournit de l'emballage bois à l'entreprise en redressement judiciaire, ça représente 10% de son chiffre d'affaires, il n'a toujours pas été payé, son sort dépend de l'avenir de Sotralentz :

C'est l'ensemble des sous-traitants d'Alsace bossue et même du proche territoire qui seront à terme menacés, j'ai un paquet de collègues qui sont dans le même cas de figure. Sans intervention de l'Etat, ce sera difficile d'éviter les dommages collatéraux.

Alstom, Sotralentz : même combat !

Beaucoup pensent effectivement que la solution viendra de l'Etat, comme pour Alstom à Belfort, "les situations sont très similaires", assure Frédéric Karas, responsable de l'UD CGT 67 chez Sotralentz. Justement, la CGT garde un dernier espoir si aucun repreneur sérieux ne se présente : transformer la société en coopérative, en SCOP, grâce aux indemnités de licenciement des salariés.

Des commerçants inquiets en Alsace bossue, si Sotralentz ferme - par Olivia Cohen

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