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Yonne : le succès des épiceries ambulantes

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Par , France Bleu Auxerre

Les épiceries ambulantes sont un vrai réconfort pour les personnes âgées ou isolées. Au-delà des courses, on y trouve aussi beaucoup de chaleur humaine. Et dans un genre différent, plusieurs commerces ambulants, qui proposent des produits en vrac, sont en projet dans l'Yonne.

"L'épicerie ambulante de nos ainés" et Aimée, une cliente de 93 ans.
"L'épicerie ambulante de nos ainés" et Aimée, une cliente de 93 ans. © Radio France - Delphine Martin

Leur camion sillonne les petites routes de la Puisaye (Yonne) depuis près de deux ans. Dominique et Didier Dujardin tiennent "l'épicerie ambulante de nos ainés". Ils se rendent chez des personnes âgées, isolées ou handicapées, sur demande, et leur permettent de faire de petites courses sans se déplacer. 

Ecoutez le reportage de Delphine Martin

"On s'est rendu compte que la population vieillissait de plus en plus, qu'il y avait de moins en moins de commerces locaux et de plus en plus de gens dans l'isolement. C'est ce qui nous a décidé à lancer cette affaire", explique Didier Dujardin. "Les clients nous sollicitent et on passe chez eux toutes les semaines ou tous les quinze jours. En général, ils nous passent commande. Et sinon, il y a un peu de tout dans le camion", poursuit cet ancien comptable qui a changé de métier. Son épouse, elle, était directrice de magasin.

"On est bien content qu'ils passent nous voir "(Aimée, 93 ans)

Parmi leurs clients fidèles, il y a Aimée et André, 93 ans, qui habitent à Sommecaise. Ces retraités ne cachent pas leur plaisir de recevoir cette visite hebdomadaire. Parfois, Aimée, ancienne infirmière, a préparé une liste. Mais aujourd'hui non, elle se décide devant le camion : quelques tomates, des endives et du jambon, des œufs, des fraises et du melon... "Ah et puis de la soupe !", s'écrie la nonagénaire. "On mange de la soupe tous les soirs ! Comme on est des personnes âgées, on aime bien." L'œil malicieux, Aimée scrute le présentoir et les étagères du camion. Elle a failli oublier les yaourts aux fruits et la confiture d'abricot. Heureusement, Didier et Dominique connaissent les habitudes de leurs clients et leur proposent gentiment. "Vous êtes sûre qu'il vous faut deux paquets de margarine pour une semaine ?", interroge la vendeuse, qui ne pousse pas à la consommation. "Oui, oui, deux paquets", confirme la gourmande retraitée.

Ecoutez Dominique et Didier Dujardin, les patrons de l'épicerie ambulante

Elle explique qu'ils ne peuvent plus trop faire des courses dans les magasins : "Mon époux ne conduit plus beaucoup. Il a 93 ans. Et puis moi, je vais les avoir aussi. On a des difficultés à marcher tous les deux maintenant. Alors on compte sur monsieur et madame. On est bien content qu'ils passent nous voir". Et puis le passage du camion, c'est aussi une animation, une des rares visites qu'ils reçoivent. La joie est partagée par les commerçants : "On sait qu'ils nous attendent avec plaisir. Madame m'offre des fleurs de son jardin. C'est un plaisir de venir tous les mercredis", assure Dominique Dujardin. 

Une cinquantaine de clients par semaine

"L'épicerie ambulante de nos ainés" compte une cinquantaine de clients chaque semaine. Le premier confinement leur avait donné un peu plus de travail mais les gens qui peuvent bouger ne les appellent plus tellement, maintenant. Le couple attend aussi des nouvelles d'un maire du secteur, dont le village n'a plus d'épicerie. Ils pourraient installer leur camion sur la place du village une fois par semaine. "Pour l'instant, on cherche encore un peu à développer l'affaire qui n'est pas suffisante pour nous rémunérer. On essaie de pérenniser l'entreprise et on verra après", expliquent les commerçants.

La richesse, Didier et Dominique la trouvent ailleurs pour le moment : dans les échanges et les marques de sympathie de leurs clients fidèles : "c'est un plaisir de travailler. Ce n'est pas une contrainte, c'est un plaisir. On voit les gestes de gentillesse qu'ils ont envers nous, en nous prenant par la main, en nous serrant la main. C'est un réel besoin pour eux. Ils nous attendent avec impatience".

L'épicerie sert une cinquantaine de clients par semaine.
L'épicerie sert une cinquantaine de clients par semaine. © Radio France - Delphine Martin

Deux autres projets en cours

On compte une petite dizaine d'épiceries ambulantes dans le département, sans compter les boulangers itinérants. Et deux projets sont en cours dans le secteur : deux projets d'épicerie en vrac itinérante. Dans le Nord de la Nièvre, à Gacogne-en-Morvan, Livia Bailly espère se lancer en juin. Dans son camion, elle proposera des produits en vrac (épicerie, cosmétiques et produits d'entretiens). Elle sera sur des marchés, notamment ceux de Corbigny, Lormes et Vézelay. Elle installera aussi son camion dans une dizaine de communes autour de Corbigny.

Un changement de vie pour la jeune femme : "cela faisait longtemps que je voulais créer mon entreprise, et surtout être dans le commerce pour être au contact des gens, dans une proximité. Ne pas être enfermée dans un bureau derrière un ordinateur ! Je voulais apporter un vrai service aux gens, dans un secteur primordial qui est celui de l'alimentation. Et être au contact des producteurs, promouvoir leurs produits". Et visiblement, "Le p'tit camion vrac" de Livia Bailly est attendu et soutenu, puisque la jeune femme a récolté plus de 5.000 euros pour financer son projet grâce à une collecte de crowdfunding sur Internet.

Ecoutez Livia Bailly, qui va lancer "le p'tit camion vrac" dans le Nord de la Nièvre

Un autre projet est en cours à Valravillon dans l'Yonne. Anne-Sophie Lemire est en train de monter son entreprise de camion vrac "le Vrac d'Annso" . Elle espère pouvoir commencer à faire des tournées dans son secteur cet été. En ce moment, elle recherche activement un camion et fait le tour des banques pour assurer un financement. Cette jeune mère de famille de 40 ans a elle aussi décidé de changer de métier. La crise sanitaire a confirmé sa motivation. Et elle est aujourd'hui persuadée que son commerce "zéro déchets" est une idée porteuse. "Je n'ai pas fait une étude de marché proprement dite, mais en parlant du projet à droite, à gauche, à des amis, à des gens que je ne connaissais pas du tout... j'ai constaté qu'il y a vraiment un attrait pour ça ! Et puis le vrac, c'est aussi bon pour le porte monnaie : vous allez dépenser au juste prix. Vous n'allez pas acheter d'emballage. Vous n'allez pas acheter une communication."

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- © Radio France

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