Éducation

1 mois après la rentrée, retour dans une classe à 12 élèves à Joué-Les-Tours

Par Marie-Ange Lescure, France Bleu Touraine mercredi 4 octobre 2017 à 16:37

Stéphane Meyer expérimente depuis la rentrée la classe à effectif réduit avec ses 12 élèves à l'Ecole de la Rotière à Joué-Les-Tours
Stéphane Meyer expérimente depuis la rentrée la classe à effectif réduit avec ses 12 élèves à l'Ecole de la Rotière à Joué-Les-Tours © Radio France - Marie-Ange Lescure

Retour un mois après sur la nouveauté de cette rentrée, voulue par le Président Macron pour empêcher le décrochage dés le début de la scolarité :Le gouvernement a en effet voulu plafonner à une douzaine le nombre d'élèves dans les classes de CP et CE1 des quartiers défavorisés.

Le gouvernement a en effet voulu plafonner à une douzaine le nombre d'élèves dans les classes de CP et CE1 des quartiers défavorisés, un dispositif qui s'étalera de 2017 à 2019. Dans le département, 15 classes de CP comptent 12 élèves face à leur maître.

Retour donc à l'Ecole de la Rotière à Joué-Les-Tours, dans le quartier de la Rabière.

Ce que l'on remarque immédiatement en entrant dans cette classe, c'est la moitié des bureaux vides et un maître qui circule entre les élèves en prenant tout le temps nécessaire ou bien un élève qui va aider les autres. Pour ce début d'année, ça fait partie de la méthode que Stéphane Meyer a voulu mettre en place : chaque élève à son rythme mais en mettant aussi en valeur les progrès des uns et des autres. "Tout le monde ne peut pas être premier violon dans un orchestre" dit il en reprenant cette citation bien connue, "mais il faut atteindre une certaine harmonie, selon les enfants, certains vont faire des choses plus compliquées que d'autres et certains seront à leur niveau mais auront besoin de plus temps, mais si tout le monde fait de son mieux et le fait bien, tout le monde trouvera sa place".

Depuis le début de l'année, les élèves et leur maître comme ils l'appellent sont réellement en phase d'expérimentation : d'abord apprendre à se connaitre, voir comment chacun avance, organiser un coin dans la classe pour chaque activité : le coin calcul avec le boulier ou le dé et les jetons pour apprendre à compter et à additionner, le tableau avec le texte à réussir à lire mais aussi le nom des perturbateurs et le nombre d'avertissements.

Après les vacances de Toussaint, un parcours plus individualisé

Après cette phase d'observation, Stéphane Meyer proposera aux élèves un parcours plus individualisé en fonction de leur rapidité à assimiler tel ou tel leçon ou méthode ou même la capacité de chacun à se concentrer sur un exercice : "Dans une classe à 12, tout le monde participe, je leur ai dit ne lever pas la main, je vais tous vous interroger". Pour autant, dans un accompagnement aussi individuel, il faut créer des outils pour que personne ne s'ennuie et que personne ne se perde en route.

Et les enfants ont bien compris, ils savent que leur maître leur accordera tout le temps nécessaire. Stéphane Meyer s'appuie également sur certains élèves plus en avance que d'autres pour qu'ils aillent aider leurs camarades "Au début de l'année la pédagogie de l'exemple marche bien, certains élèves plus pertinents, plus rapides, plus efficaces peuvent montrer aux autres ce qu'est un élève, ce que c'est que donner des bonnes réponses" .

des classes plus calmes

Cécile Lecart, inspectrice de l'Éducation nationale a commencé à avoir elle-aussi des retours sur ce premier mois de classe à 12 élèves et ce qui ressort de la part des enseignants et des élèves, ce sont des classes plus calmes. Restent encore à savoir comment dit-elle organiser une vraie dynamique de classe avec un si petit effectif, en encourageant beaucoup plus la coopération entre les élèves. Les enseignants ont été formés quelques jours après la rentrée scolaire à ce type de classe et un retour d'expérience sera fait d'ici quelques semaines.

Pendant 2 années ces 12 élèves vont pouvoir prendre le temps d'apprendre à apprendre ! un temps précieux avant de retrouver des classes avec des effectifs plus importants.