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Dossier : Journée spéciale - France Bleu soutient les enseignants et la liberté d’expression

Liberté d'expression en classe : témoignage d'un professeur d'histoire de Lormont

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Par , France Bleu Gironde

Comme l'était Samuel Paty, Philippe Jeanjean est professeur d'histoire géographie. Il parle aussi de la liberté d'expression dans son programme. A l'heure d'une rentrée particulière, il revient sur l'assassinat de son confrère et sur l'évolution du statut d'enseignant.

Un participant brandit une pancarte "Je suis liberté d'expression", "je suis prof" lors d'un hommage à Samuel Paty.
Un participant brandit une pancarte "Je suis liberté d'expression", "je suis prof" lors d'un hommage à Samuel Paty. © Radio France - Flavien Groyer

Suite à l'assassinat de Samuel Paty, de nombreux professeurs ont fait part de leur soutien et de leur attachement à la liberté d'expression. Une question qui fait d'ailleurs partie de leurs programmes scolaires. Philippe Jeanjean est professeur d'histoire géographie à Lormont. Il répond aux questions de France Bleu Gironde à l'occasion d'une journée spéciale ce lundi 2 novembre 2020.

France Bleu Gironde : Comment envisagez vous cette rentrée aujourd'hui ? 

Philippe Jeanjean : Elle se fait dans un cadre extrêmement complexe, d'une part après la mort tragique de notre collègue Samuel Paty mais d'autre part aussi en raison de tout le contexte autour des attentats, du plan vigipirate renforcé mais aussi autour de la crise sanitaire. Tout se télescope. 

Vous êtes, vous aussi, professeur d'histoire géographie : est-ce que vous avez à traiter aussi des questions aussi de liberté d'expression par exemple ? 

La liberté d'expression recouvre tout un pan des programmes dans notre discipline mais aussi dans d'autres disciplines comme l'enseignement historique des religions, les données de croyances. C'est donc l'obligation de laïcité qui s'impose dans les établissements scolaires. 

Il y a aussi le fait que cette affaire est partie d'une réaction tout à fait inopportune et pour nous illégale d'un parents d'élève et de sa position à l'intérieur du système. Ça pose la question de "l'emprise" de certaines parents  qui sont parfois extrêmement agressifs et que malheureusement le système actuel laisse plus pu moins faire. 

On n'a pas encore toutes les conclusions de l'enquête sur l'affaire, mais il est à craindre que si les parents n'avaient pas été reçus en présence d'une personne tierce qui n'avait rien à faire là, peut-être que l'affaire n'aurait pas été jusque là. Donc ça pose le problème de la gestion des interrogations des parents : ils ont le droit de poser des questions, ils ont le droit d'avoir des réponses, mais ils n'ont pas le droit de porter un jugement sur la valeur professionnelle d'un agent public.

Vous qui êtes enseignant depuis maintenant une trentaine d'années, avez-vous noté une dégradation dans le respect qu'on devrait avoir vis-à-vis du statut de l'enseignant ?

C'est vrai que depuis de très nombreuses années qu'un fonctionnaire enseignant ne représente plus, devant les élèves ou les parents, un bloc institutionnel en relation avec toute la hiérarchie qu'il pouvait représenter il y a une vingtaine d'années. Il y a incontestablement un manque de légitimité professionnelle maintenant des enseignants vis-à-vis du public, qui doit être absolument rétabli par une solidarité sans faille de la hiérarchie avec les agents.

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