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Éducation

A Grenoble, les enseignants du CLEPT craignent de perdre leur spécificité en déménageant au lycée Mounier

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Par , France Bleu Isère

Le déménagement est prévu pour la rentrée 2021, mais les enseignants du Collège Lycée Elitaire Pour Tous (CLEPT) redoutent une "normalisation" quand ils vont intégrer le site du tout nouveau lycée Mounier en cours de construction à Grenoble.

Anthony Lecapre, professeur d'histoire-géo, Sylvia, élève de première et Agathe Vernay, coordinatrice du CLEPT
Anthony Lecapre, professeur d'histoire-géo, Sylvia, élève de première et Agathe Vernay, coordinatrice du CLEPT © Radio France - Véronique Saviuc

Le collège Lycée Elitaire pour Tous, plus simplement appelé CLEPT, est un dispositif unique en France,  destiné aux élèves décrocheurs, et qui existe depuis près de 20 ans à Grenoble. Jusque-là installé à la Villeneuve, il va déménager dans quelques mois sur le site du tout nouveau lycée Mounier en cours de construction à quelques centaines de mètres de là.

Le reportage de Véronique Saviuc

Un dispositif unique en France qui redonne aux jeunes confiance en eux  

Les enseignants craignent qu'à l'occasion de ce transfert, le CLEPT perde les particularités et les dérogations qui permettent aux jeunes en rupture de reprendre une scolarité.

Sylvia, 22 ans,  déscolarisée pendant cinq ans, est un bon exemple des jeunes qui retournent à l'école grâce au CLEPT. Elle est en première, veut faire des études d'histoire de l'art car elle rêve de devenir conservatrice de musées : "On est plus libre, il y a moins de pression par rapport à nos études. Peu à peu la confiance en soi revient. Ils sont là pour nous, pour nous aider, pour nous écouter, même pour des problèmes personnels qui n'ont rien à voir avec la scolarité. Je n'aurais pas pu aller dans une autre structure que le CLEPT pour reprendre mes études". 

Un enseignement qui repose sur des dérogations par rapport à un établissement traditionnel

Agathe Vernay, professeur de lettres est coordinatrice du CLEPT,  une douzaine d'enseignants à temps plein, et une centaines d'élèves répartis dans cinq classes. Elle a participé il y a presque 20 ans à la création de ce dispositif unique en France : "Cet établissement scolaire est né pour faire la preuve que des jeunes qui ont quitté l'école, fâchés avec elle, puissent non seulement avoir le désir d'y revenir mais en plus y réussir pour des filières d'excellence. Ce qui a rendu cela possible c'est que nous sommes partis de la parole de ceux qui ont quitté l'école". 

"Par exemple, ils nous ont dit  "Dans les établissements traditionnels, on a l'impression qu'on est des numéros, qu'on est infantilisés, qu'on ne compte pas". Donc on a décidé de partir de leur parole. C'est tout à fait passionnant, mais tout à fait dérogatoire ! Le fait par exemple qu'on n'a pas de CPE (Conseiller principal d'éducation) dans notre établissement mais des tuteurs pour qu'ils aient toujours le même interlocuteur qui considèrent le jeune dans sa globalité".

98 % de réussite au bac en 2019

Avec cette organisation spécifique, le  CLEPT obtient  de bons résultats au bac, "98 % de réussite l'année dernière, entre 75 et  90 % % en général. Et pour ceux qui ne passent pas le bac, c'est plus difficile à quantifier. Ils restent un an ou deux au CLEPT et ont ensuite une bonne réussite dans leurs projets" affirme Agathe Vernay.

Le CLEPT qui dépend administrativement du lycée Mounier redoute de perdre ses spécificités et son régime dérogatoire quand l'établissement sera installé, probablement à la rentrée 2021, au sein même du nouveau lycée Mounier en cours de construction actuellement.  

L'équipe enseignante redoute une "normalisation" 

Anthony Lecapre, professeur d'histoire-géo redoute une "normalisation" : "On sent qu'il y a une pression de normaliser notre particularisme à l'occasion de la restructuration du lycée Mounier. Par exemple,  le CLEPT, au contraire des autres établissements, n'a pas de règlement intérieur. Nous avons une charte. On travaille avec nos élèves pour leur donner le sens des règles pour qu'il y ait un vivre ensemble partagé et compris par tous. Pour venir au CLEPT, les élèves doivent être volontaires, les enseignants aussi. Ce n'est pas le processus de recrutement habituel. Et tout ça peut être remis en cause, surtout que la convention qui prévoit ces dérogations s'achève en novembre prochain, c'est ça notre inquiétude".

Pas de changement d'organisation prévu, répond la directrice académique de l'Education nationale

Le proviseur du lycée Mounier se veut rassurant. Joseph Cergi affirme qu'il n'y aura pas de changement dans le fonctionnement du CLEPT et son statut sera le même quand il sera dans son bâtiment à part, dans l'enceinte du lycée. 

Quant à la  Directrice académique des services de l'Education Nationale Viviane Henry, elle précise : « Le CLEPT bénéficie dans le cadre de sa préparation de rentrée des moyens habituels. Le projet comme celui de chaque lycée s’inscrit dans celui de la réforme du bac. Il n’y a pas à ce jour d’autre évolution qui soit d’actualité (...). Le CLEPT intégrera les locaux du lycée Mounier lorsque la fin des travaux le permettra pour être accueilli dans des locaux neufs, spécifiques et agréables. C'est donc une perspective positive».

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