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Éducation

A Jupilles, des parents d'élèves s'opposent au retour de la cantinière

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Par , France Bleu Maine

La justice ayant annulé son licenciement pour "insuffisance professionnelle", cette habitante de la commune va pouvoir retrouver son poste. La plupart des parents contestent cette décision. La collectivité dit ne pas avoir le choix. La cantinière assure n'avoir "rien à se reprocher".

L'école de Jupilles accueille les élèves de la petite section de maternelle au CE1.
L'école de Jupilles accueille les élèves de la petite section de maternelle au CE1. © Radio France - Bertrand Hochet

Jupilles, France

C'est une perspective qu'ils refusent et qu'ils affichent devant l'école. "Non au retour de la cantinière! Oui à l'hygiène !", peut-on lire sur deux banderoles. La majorité des parents de l'école de Jupilles s'opposent à la réintégration de l'ancienne fonctionnaire territoriale licenciée pour "insuffisance professionnelle" en janvier 2016 après une procédure disciplinaire lancée en avril 2014.   

A l'époque, la nouvelle équipe municipale avait relevé des manquements aux règles de propreté et de sécurité alimentaire dans cette cantine, où plus de 70 repas étaient confectionnés chaque jour. Lara, mère de deux filles ayant fréquenté l'école se souvient : "on avait retrouvé des denrées congelées dans des sacs poubelles sans date, des produits périmés dans le congélateur, un pot de crème dans frigo dont la date de péremption était dépassée depuis deux semaines!" La municipalité avait même fait établir un constat d'huissier. "On ne pouvait pas donner ça à manger à des enfants!", s'insurge, aujourd'hui encore, la mère de famille. D'autres parents, comme Fabienne se remémorent également des "gastro éclair" à répétition. "Tous les quinze jours, mon fils était fatigué. Il vomissait. Le médecin me disait que c'était un coup de froid. Mais à partir du moment où la cantinière a quitté l'établissement, il n'a plus rien eu".   

Licenciement annulé par la justice  

Passée la stupeur, les esprits se sont apaisés jusqu'à l'épilogue judiciaire en novembre 2017. A la surprise générale, la justice administrative annule alors le licenciement de cette habitante de Jupilles pour vice de forme. "Cette décision me pose problème", explique Mélanie, mère de trois enfants. "Je ne la comprends pas. Cette femme peut revenir à son poste alors qu'elle n'a pas respecté les normes". Lara s'inquiète : "elle n'a pas été jugée pour les faits qui lui sont reprochés". Ce qui fait redouter aux parents un statu quo en cuisine : "je suis persuadée qu'elle n'a pas changé. Elle a perdu ma confiance", affirme, par exemple, Fabienne.   

"Je n'ai rien à me reprocher!"  

La cantinière qui doit encore passer une dernière visite médicale avant de reprendre son travail, se défend bec et ongles. "Je n'ai rien à me reprocher", affirme-t-elle. "J'ai toujours respecté l'hygiène, il n'y a jamais eu de problème à la cantine". Manifestement abattue par cette affaire, l'habitante de Jupilles, est persuadée "qu'on lui en veut". Elle l'assure sans hésiter : "bien sûr je vais reprendre mon travail!".  

"Elle sera surveillée de près!"  

Le président du SIVOS (Syndicat Intercommunal à VOcation Scolaire, rassemblant les écoles de Jupilles et Beaumont-Pied-de-Boeuf), se dit, pour sa part, "pris entre le marteau et l'enclume". Jean-Yves Dodier déclare "comprendre les parents". L'élu assure : "je ne les abandonnerai pas. Mais je n'ai pas d'autre choix que de réintégrer la cantinière. Nous devons respecter la décision de justice". Le conseiller municipal de Jupilles prévient toutefois : "elle sera surveillée de près!"

Des parents veulent retirer leur enfant de la cantine ou le changer d'école  

Sans attendre, plusieurs parents annoncent leur volonté de retirer leur enfant de la cantine. Par exemple Mélanie : "je suis aide-soignante avec un emploi à 80%", témoigne-t-elle. "Quand je le pourrai, je récupérerai mon fils à la maison. Pour les autres jours, je lui fournirai un pique-nique". Même décision pour Lara au sujet de sa fille. Mais cette maman va encore plus loin : "pour la rentrée de septembre, je l'ai déjà inscrite dans une autre école, à Château-du-Loir. Je pense que je ne serai pas la seule à prendre cette décision. Et si, effectivement, d'autres parents font de même, une classe devra fermer à Jupilles". Cette mère de famille en colère l'assure : "une classe en moins aura pour conséquence la fermeture de l'une des deux écoles du SIVOS".

La réintégration de la cantinière pourrait avoir lieu dans le courant du mois de mai. - Radio France
La réintégration de la cantinière pourrait avoir lieu dans le courant du mois de mai. © Radio France - Bertrand Hochet