Éducation

A l’école Jules Verne à Laval, "il y a un meilleur suivi des élèves" dans les classes de CP à 12

Par Armêl Balogog, France Bleu Mayenne mardi 26 septembre 2017 à 6:00

En Mayenne, deux écoles primaires ont dédoublé leurs classes de CP pour la rentrée 2017
En Mayenne, deux écoles primaires ont dédoublé leurs classes de CP pour la rentrée 2017 © Radio France - Armêl Balogog

Un mois après la rentrée scolaire, reportage dans l’une des deux écoles mayennaises en réseau d’éducation prioritaire renforcé, qui a dû dédoubler ses classes de CP à la rentrée 2017.

"Tout bien fait", "parfait", commente Laurence Landemaine. L’enseignante est en pleine correction d’un exercice de mathématiques. Les 12 élèves devaient compter les petits monstres sur une feuille.

L’an dernier, elle en avait deux fois plus, mais l’école Jules Verne, à Laval, a dû dédoubler ses classes de CP pour la rentrée scolaire 2017. Le dispositif est censé permettre d’atteindre les "100 % de réussite en CP", ce à quoi s’est engagé le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer.

Un suivi plus personnalisé

"Ça m’étonnerait que dans le livre, ils aient mis le neuf en modèle comme ça", s’exclame l’enseignante, en se penchant sur la copie d’une tête blonde. "On a un gros souci de neuf à l’envers Monsieur." Laurence Landemaine va voir tous les élèves, un par un.

On a beaucoup plus le temps pour s’occuper des enfants que quand on en avait 24. - Laurence Landemaine, enseignante en CP

"Surtout que quand ils arrivent de grande section, continue-t-elle, ils ne sont pas habitués à gérer tout le matériel. Donc c’est appréciable." L’enseignante apprécie aussi pouvoir aider davantage les enfants allophones, qui ne parlent pas français.

Dans sa classe, un garçon vient d’arriver du Kosovo. Laurence Landemaine s’accroupit à côté de lui et lui fait répéter les nombres. - Six. - Non, cinq", etc. L’élève sait compter, mais il ne connaît pas les mots français. "Là, on a beaucoup plus de temps pour lui faire répéter. Je pense que ça va être très très bien pour lui de rentrer dans un CP à 12."

Reportage - La classe de CP à 12 élèves, un mois après la rentrée scolaire

Les enfants ont la parole

A son bureau, un élève se satisfait de ce petit nombre de camarades. "Il y a moins de bruit, se réjouit le garçonnet. Il y avait beaucoup de bruit dans la classe avant [en grande section. On était] beaucoup plus nombreux, entre 30 et 40."

Un avis que Marlène Blanchard, une autre enseignante de CP de l’école Jules Verne, ne partage pas tout à fait. "Comme ils sont 12, ils ne lèvent pas forcément le doigt. Ils parlent tous en même temps", explique-t-elle. Malgré cela, elle trouve cette mesure "très bien". "On prend vraiment du temps, on peut parler aussi. Ils ont un temps de parole beaucoup plus important qu’avant, ça s’est super !"

Pour que les enfants ne se sentent pas trop à l’étroit, l’école a tout de même décidé de réunir les classes deux par deux, pour les cours d’arts plastiques et les séances de sport. "Parce que sinon ce n’est pas facile de faire des équipes", commente l’enseignante Landemaine. En revanche, les élèves vont par groupe de huit à la bibliothèque.

Juste quelques aménagements

"Il y a un meilleur échange, un meilleur suivi, commente le directeur de l’école, François Dury. Les effectifs réduits permettent de mieux cibler les aides et de pouvoir répondre mieux aux besoins des enfants. Ca permet aussi d’avoir un contact plus proche avec les familles."

L’année scolaire précédente, l’école comptait donc deux classes de CP avec 24 élèves. Cette année, elle est passée à quatre classes de 12. L’enseignant du dispositif "un maître en plus" a maintenant sa propre classe, et une quatrième enseignante est arrivée. En Mayenne, une seule autre école a dû appliquer la mesure : l’école Badinter, aussi à Laval, est passée de deux à trois classes de CP.

Matériellement, l’établissement Jules Verne avait assez de place pour accueillir deux classes supplémentaires. Il n’a pas eu à réaliser de grands travaux comme d’autres écoles en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+). Les salles d’arts plastiques et de soutien sont devenues des salles de classe permanentes.

Laurence Landemaine a gardé la même salle que l’an dernier, avec deux fois moins d’élèves. Elle en profite pour aménager les espaces, d’un côté le français, de l’autre les mathématiques, avec des tables collées pour former de petits groupes. "J’essaie. On teste un peu tout cette année."