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Éducation

A l'hôpital psychiatrique de La Rochelle, des cours de cuisine pour aider à grandir

- Mis à jour le -
Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu

Lecture, mathématiques : avec la cuisine on peut apprendre en s'amusant. C'est l'expérience menée toute cette année par les enseignantes de l'hôpital Marius Lacroix, avec des enfants suivis en psychiatrie. L'aventure s'est conclue lundi par un atelier de cuisine animé par une cheffe.

Leo, Mathéo, Kevin, Lucas et Océane savourent un cours de cuisine dispensé par une vraie professionnelle, Diane de l'Atelier à la carte.
Leo, Mathéo, Kevin, Lucas et Océane savourent un cours de cuisine dispensé par une vraie professionnelle, Diane de l'Atelier à la carte. © Radio France - Julien Fleury

La Rochelle, France

Un vrai atelier de cuisine, avec une professionnelle. C'est l'aboutissement d'une année scolaire pour Léo, Mathéo, Kévin, Lucas, et Océane. Ils ont entre 11 et 12 ans, et sont suivis à l'hôpital psychiatrique Marius-Lacroix de La Rochelle, pour des troubles du développement.

Entre deux soins, ces enfants vont en cours à l'hôpital, et leur maîtresse a décidé cette année de miser sur la cuisine pour faciliter les apprentissages. "Ils ont beaucoup progressé en lecture et en mathématiques, en faisant de la cuisine, en lisant les recettes" assure Manuela, enseignante heureuse de leur offrir, pour clôturer l'année, un cours de cuisine animée par une cheffe, Diane.

La cuisine, façon amusante de faire passer les apprentissages : on apprend la patience, les senteurs, le toucher, le goût, mais aussi la communication, le relationnel, le partage. - Radio France
La cuisine, façon amusante de faire passer les apprentissages : on apprend la patience, les senteurs, le toucher, le goût, mais aussi la communication, le relationnel, le partage. © Radio France - Julien Fleury

"Que fait la chaleur du four à votre avis ?"

Dans son "Atelier à la carte" installé à deux pas du marché de La Rochelle, Diane rassemble autour d'elles tous les enfants, alors qu'elle s'apprête à enfourner des crèmes dessert au chocolat. Faites maison, bien sûr, avec les enfants.

"Vous voyez, quand je bouge la crème, la surface tremblote encore. Quand elle ne tremblotera presque plus, c'est qu'elle est cuite. Et que fait la chaleur à votre avis ?" enchaîne la restauratrice. "Elle fait gonfler la crème" se hasarde Océane. "Non, les œufs vont coaguler" répond Diane.

Avec la cuisine, Mathéo pense avoir trouvé sa voie professionnelle : "c'est ma passion" assure le garçon, qui s'en est donné à cœur joie cette année à l'hôpital Marius-Lacroix. - Radio France
Avec la cuisine, Mathéo pense avoir trouvé sa voie professionnelle : "c'est ma passion" assure le garçon, qui s'en est donné à cœur joie cette année à l'hôpital Marius-Lacroix. © Radio France - Julien Fleury

Une façon de faire des sciences sans s'en rendre compte. Car on est d'abord ici pour s'amuser. Lucas rayonne : "J'aime bien cuisiner, c'est ma spécialité ! Et en plus j'adore manger. J'aime surtout les spaghettis, la purée, les sandwiches."

"Venez chercher la salade !" Chez Diane, les enfants hospitalisés travaillent leur goût, mais aussi les maths et la lecture.

Travailler la patience, le goût, la communication...

Mais cet atelier est aussi l'occasion de découvrir de nouvelles saveurs. Et le burger qui se prépare n'a rien à voir avec ce qui est servi par la restauration rapide. "Si vous laissez la viande sans rien, ce sera fade, triste" explique Diane. "Donc on va mettre des herbes aromatiques, des échalotes, tout ce qu'on aime. Et on mélange avec le steak."

La cuisine comme thérapie, comme moyen de faire passer les apprentissages chez des enfants fragiles. Maryline, infirmière psy, est formelle : "cela leur permet de travailler la patience, les senteurs, le toucher, le goût, mais aussi la communication, le relationnel, le partage." Et bien d'autres choses encore.

Léo est parfaitement dans son élément au milieu des ustensiles de cuisine : "j'adore faire la cuisine, c'est ma passion et je veux en faire mon métier, quand je serai grand." Le garçon a déjà des bases solides : "je sais faire des soupes, des sauces. Et de la mayonnaise avec ma mamie."

Goûter à tout, c'est la consigne. Et même à ces tomates cerise trempées dans une réduction de balsamique puis des graines de sésame grillé. "Un bonbon" assure un enfant. - Radio France
Goûter à tout, c'est la consigne. Et même à ces tomates cerise trempées dans une réduction de balsamique puis des graines de sésame grillé. "Un bonbon" assure un enfant. © Radio France - Julien Fleury

Déconstruire les phobies alimentaires

"Venez chercher de la salade" ordonne la cheffe Diane, qui ne perd jamais l'horloge de vue. "Deux feuilles pour chaque burger !" "Je n'aime pas la salade" soupire Océane. "Mais il faut que tu goûtes quand même" répond du tac au tac Maryline, l'infirmière. Goûter à tout, c'est la consigne pour ces enfants dont certains présentent des phobies alimentaires.

Prochain défi: les tomates cerise, enrobées de sésame et d'un liquide étrange... "C'est quoi cette demande odeur ?" demande Lucas. "Je vous laisse deviner" sourit Diane. "Du vinaigre !" crient les enfants en cœur. Eh oui : la cuisinière est en train de réaliser une réduction de balsamique au miel.  "Je n'aime pas" insiste Lucas. Son enseignante, Manuela fait les gros yeux : "toute l'année, tu m'as dit que tu n'aimais rien, et au final tu as adoré tout ce qu'on a cuisiné !"

Et voilà le travail ! Un burger maison, accompagné de ses pommes de terre sarladaises. Fabriqué par les enfants eux-mêmes. - Radio France
Et voilà le travail ! Un burger maison, accompagné de ses pommes de terre sarladaises. Fabriqué par les enfants eux-mêmes. © Radio France - Julien Fleury

Et maintenant, refaire les recettes à la maison

Les grimaces ne découragent pas la cheffe Diane, habituée à travailler avec des enfants : "le fait qu'ils préparent tout eux-mêmes, ça les incite à goûter. Mais s'ils n'aiment pas ce n'est pas grave. Ils y reviendront plus tard !" Diane espère avoir semé une petite graine, et que les enfants reproduiront les recettes à la maison.

Pour Manuela, la partie est déjà gagnée : "on voit qu'ils ont pris beaucoup de plaisir, c'était le but. Ils ont aussi été très autonomes dans leurs gestes, et j'espère que la dégustation sera au même niveau que la préparation !" De son côté, Maryline n'a qu'un espoir : renouveler l'expérience dès l'an prochain. En attendant, bon appétit !