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À Montpellier, les étudiants en médecine refusent d'être une "promotion sacrifiée"

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Par , France Bleu Hérault

Avec l'introduction de la réforme d'entrée en médecine, les places sont chères pour entrer en deuxième année entre les étudiants à Bac +1 et les redoublants issus de l'ancien système. Lundi 1er mars, une centaine d'étudiants et de parents ont manifesté leur colère devant la fac de Montpellier.

Une centaine d'étudiants et de parents manifestent devant la faculté de médecine à Montpellier
Une centaine d'étudiants et de parents manifestent devant la faculté de médecine à Montpellier © Radio France - Valentin BERTRAND

Il y a embouteillage en faculté de médecine. Le constat est sans appel depuis la rentrée 2020 puisque deux systèmes se superposent. Il s'agit de l'ancien cursus appelé PACES, et d'un nouveau système qui ne permet plus de redoublement. La promesse de la réforme étant à l'origine d'augmenter le nombre d'étudiants admis au concours de médecine. 

Mais cette année, tous ne jouent pas sur le même terrain. Il y a d'une part les derniers redoublants issus de la PACES et les primo-entrants. Ces derniers s'estiment victimes d'une concurrence déloyale. Lundi 1er mars, ils ont manifesté, avec leurs parents, devant l'Université de Montpellier.

Les étudiants en première année de médecine craignent d'être les victimes collatérales de la réforme du concours
Les étudiants en première année de médecine craignent d'être les victimes collatérales de la réforme du concours © Radio France - Valentin BERTRAND

Un nouveau cursus à deux branches

Pour mettre fin aux redoublements quasi-systématiques, la réforme de la première année a créé deux nouvelles branches conduisant au fameux concours. Désormais, les bacheliers peuvent au choix intégrer un PASS (Parcours Accès Santé Spécifique), avec deux tiers de cours de médecine et un tiers d'une licence annexe, ou bien une LAS (Licence Accès Santé) qui ne comprend qu'un tiers de médecine en complément d'une licence. Dans un cas comme dans l'autre, si l'étudiant échoue au concours de médecine, il sera réorienté vers la licence entamée en parallèle

À terme, il est prévu que les admis au concours soit pour 70% issus de PASS et à 30% de LAS. Mais cette année, les pourcentages seront nettement plus bas. Et pour cause, sur les 320 places ouvertes en deuxième année à Montpellier, 172 places seront réservées aux redoublants. Ne laissant que 148 places à se répartir entre étudiants de PASS et LASS. 

Cette nouvelle, annoncée mi-février par le doyen de la faculté, Michel Mondain, a été une douche froide pour Radia, étudiante en première année de PASS : 

Nous sommes vraiment démoralisés. Nous bossons 12 heures par jour et au final, même les plus brillants d'entre nous n'auront pas leur chance l'année prochaine.

Elle a fait la mauvaise expérience de suivre une licence de mineure qui ne lui plaît pas. Au lieu de biologie qui n'est pas proposée à Montpellier, elle se retrouve en maths-physique. Et elle ne compte pas poursuivre dans cette direction si elle échoue au concours.

Je n'ai pas envie de faire partie d'une génération sacrifiée. On a juste envie de réaliser notre rêve qui est de devenir médecin.

Radia : "Je n'ai pas envie de faire partie d'une génération sacrifiée"

Lors de la manifestation de ce lundi 1er mars, de nombreux étudiants ont avant tout fait valoir le peu d'informations dont ils disposaient au moment de choisir leur orientation. C'est notamment le cas de Nathan Brajon : 

S'ils nous avaient présenté les choses comme ça, je pense que j'aurais fait une année blanche avant de faire médecine l'année d'après.

Pour d'autres, le manque de perspectives après la première année est source de beaucoup de stress. D'autant que les vœux de réorientation sur Parcoursup devront être saisis avant le 11 mars. Alors pour Arnaud, la solution toute trouvée sera de partir étudier à l'étranger : 

Pour moi, le seul moyen qui me permette d'entrer en médecine c'est d'aller en Belgique. C'est débile d'obliger des jeunes qui veulent soigner en France à partir se former à l'étranger.

Dès lors, l'une des solutions à cette équation insolvable serait d'augmenter le nombre d'admis en deuxième année. D'ores et déjà, 40 places supplémentaires ont été annoncées par le doyen de la fac de Montpellier. Cela reste néanmoins largement insuffisant pour Emma Pilarski, maman d'une étudiante déboussolée :

Certaines facs, notamment à Paris, se sont adaptées et ont doublé le nombre de places en médecine cette année pour que les étudiants ne soient pas lésés.

Le manque d'informations et de perspectives attise la colère des étudiants de médecine.

Vers un recours devant le tribunal administratif ?

Reçus en milieu d'après-midi par le doyen de la faculté, des représentants d'étudiants et de parents ont soumis l'idée d'augmenter le nombre de places en deuxième année. Cette proposition a été rejetée par l'administration de l'Université. Le même rejet a été notifié pour ce qui est d'autoriser des redoublements exceptionnels l'année prochaine. Des pistes ont néanmoins émergé pour accorder plus de souplesse aux élèves de cette promotion qui demanderont une passerelle vers médecine en deuxième année de LAS.

En attendant, parents et étudiants maintiennent la pression et menacent de déposer un recours devant le tribunal administratif s'ils ne sont pas entendus.

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