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A Poitiers, les personnels d'un lycée organisent une Nuit au bahut contre la réforme des retraites

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Par , France Bleu Poitou

A Poitiers, les personnels du Lycée du Bois d'amour ont organisé ce mardi soir une action originale contre les réformes des retraites et des lycées. Une opération baptisée "Une nuit au bahut" et qui a rassemblé une trentaine de personnes, essentiellement des professeurs désabusés mais déterminés.

Des professeurs du lycée du Bois d'amour à Poitiers participant à la Nuit au bahut contre les réformes du lycée et des retraites
Des professeurs du lycée du Bois d'amour à Poitiers participant à la Nuit au bahut contre les réformes du lycée et des retraites © Radio France - Isabelle Rivière

C'est une opération pour le moins originale qui était organisée ce mardi soir au lycée du Bois d'amour à Poitiers. Les personnels de l'établissement avaient invité élèves, parents, autres profs et tous les Poitevins qui le souhaitaient à se rassembler entre 18h et 22h au sein de l'établissement pour une "nuit au bahut contre les réformes des retraites et des lycées." 

Une nuit au bahut contre les réformes du lycée et es retraites organisée au Lycée du Bois d'amour à Poitiers
Une nuit au bahut contre les réformes du lycée et es retraites organisée au Lycée du Bois d'amour à Poitiers © Radio France - Nicolas Commagnac

Il n'y a pas que la grève pour agir

Nicolas Commagnac est professeur en SVT au lycée du Bois d'amour au sud de la cité pictave. Il rappelle l'essentiel : "Il n'y a pas que la grève sur le temps de travail pour montrer qu'on n'est pas d'accord avec ces réformes. Pendant les vacances on a organisé une marche nocturne contre ces même réformes", explique-t-il, avant d'ajouter : 

Avec cette "nuit au bahut", on donne la possibilité aux élèves, aux parents qui travaillent, de venir nous rejoindre le soir, pour échanger et débattre des sujets qui nous mobilisent. 

Rompre l'isolement de certains collègues

Au final, peu de parents présents mais beaucoup de profs, dont certains venus d'autres établissements : écoles et collèges de la zone. "Le but c'était aussi de rompre l'isolement de certains collègues", insiste Emilie Poncin, prof d'histoire-géo au lycée du Bois d'amour. Cette enseignante syndiquée à Force ouvrière raconte qu'il est plus facile de débattre des réformes en lycée. 

"Dans nos établissements, on est plus nombreux. On peut donc discuter et débattre en salle des profs. Mais ce n'est pas le cas de nos collègues qui peuvent se sentir très très isolés en collège ou dans les écoles."

Avec cette "nuit au bahut", ajoute-t-elle, "on leur donne la chance de rencontrer d'autres collègues et d'échanger autour des questions qui nous inquiètent tous"

Sentiment de mépris continuel

Pour recueillir ces témoignages, impossible d'accéder au lycée. Le rectorat en a interdit l'accès aux journalistes. Mais les participants racontent. Vu les horaires de cette "nuit au bahut", entre 18h et 22h, les organisateurs avaient demandé à chacun de venir avec un pique-nique. Mais sur la photo prise et transmise par l'un des participants, personne ne semble avoir le coeur à grignoter. Dans la salle, les chaises ont été installées en cercle. Comme pour libérer la parole. C'est là qu'intervient la souffrance. Le blues du professeur. Interviewés sur la passerelle, dehors, les professeurs lâchent des mots très forts comme "mépris continuel" par exemple. Ces réformes, Philippe Lincio, ne les comprend pas. Ni sur le fond, ni sur la forme. Il est professeur d'hitoire-géo au Bois d'amour et il parle de son sentiment de ne pas être entendu, de réformes qui s'empilent et qui à force perdent du temps. 

Quand on voit cette réforme des lycées qui n'a pas été négociée, qui a été concertée vaguement, on a ce sentiment de mépris, de non-écoute. Or il se trouve qu'on a encore la fierté de notre travail. La fierté du service public. 

Une autre"nuit au bahut" ce vendredi

Sous entendu : c'est pour cela qu'on est déterminé. Sur le fond, les participants dénoncent une réforme des lycées floue pour les élèves, les parents et les professeures, une réforme peu ou mal préparée. Sur les retraites, incompréhension. On nous demande de travailler plus, et plus longtemps, sans jamais aucune contrepartie. 

A Poitiers, on n'a pas fini de débattre des réformes des lycées et des retraites car après le lycée du Bois d'amour ce mardi, c'est le collège France Bloch Sérazin qui organisera sa "nuit au bahut" après-demain vendredi, le 10 janvier 2020.

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