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À Rouen et Sotteville-lès-Rouen, des pavés de mémoire devant le dernier domicile connu des victimes du nazisme

L'Association Pavés de Mémoire entretient le souvenir des victimes du nazisme dans la Métropole de Rouen. Trente-neuf pavés recouverts de laiton ont été scellés à la dernière adresse connue des familles victimes de la Shoah. L'artiste allemand Gunter Demnig a déjà posé 75.000 de ces "Stolpersteine".

Trois "Stolpersteine" ont été posées en hommage à la famille Ganon, au 40 rue Armand Carrel à Rouen.
Trois "Stolpersteine" ont été posées en hommage à la famille Ganon, au 40 rue Armand Carrel à Rouen. © Radio France - Christine Wurtz

"Ici habitait Germaine Ganon", voilà ce que l'on peut lire sur cette "Stolpersteine" scellée devant le 40, rue Armand Carrel à Rouen, le dernier domicile rouennais de la famille. Deux autres pavés rendent hommage à ses filles Renée, 14 ans, et Lina, 12 ans. Tous trois ont été arrêtées, déportées et gazées à Auschwitz dans les années 40. Françoise Bottois, professeur d'histoire honoraire connaît l'histoire de ces familles par cœur, elle en a fait un livre. Désormais, il reste une trace visible d'elles devant leur dernière adresse. Un pavé, recouvert de laiton, scellé dans le trottoir. C'est l'une des 39 "Stolpersteine" installées dans la Métropole de Rouen. En allemand, "Stolpersteine", ce sont des "pierres sur lesquelles on trébuche". C'est exactement le but de ces pavés, imaginés par l'artiste allemand Gunter Demnig. Attirer l'attention, se cogner à la réalité de ce que fut la Shoah. 75.000 de ces pavés ont été posés dans les rues de plusieurs villes européennes. Il y en a désormais 28 à Rouen et 11 à Sotteville-lès-Rouen.

Sur les pavés, la mémoire

Entre mai 1942 et janvier 1943, plusieurs familles juives ou résistantes ont été arrêtées à Rouen. La famille Ettinger comptait neuf personnes. Les parents, Nathan et Hantza et leurs sept enfants. Tous morts à Auschwitz. Au 8/10, rue eau de Robec, neuf pavés ont été posés en leur mémoire. Manière de donner chair à ce fut la Shoah. "La Shoah c'est 6 millions de morts mais derrière ce chiffre, abstrait, on connait moins les destins individuels" explique Corinne Bouillot, la présidente de l'association "Pavés de Mémoire Métropole Rouen" et Maître de conférences en études germaniques au département d'allemand de l'Université de Rouen. Destins tragiques, dont les enseignants de plusieurs établissements scolaires de l'agglomération se sont emparés pour raconter la Shoah à leurs élèves. "Ça permet aux plus jeunes de s'apercevoir que les discriminations, ça commence à sa porte" ajoute Corinne Bouillot. Un travail mémoriel et pédagogique nécessaire à l'heure où disparaissent les derniers témoins directs de cette époque. Ceux qui restent, comme Denise Holstein, déportée à 17 ans et survivante des camps, sont aujourd'hui trop âgés pour continuer à témoigner comme ils l'ont fait longtemps dans les établissements scolaires. 

Une inauguration au printemps 2021, en présence des descendants des familles

La mémoire de ces familles, les Cohen, Kavayero, Mizrahi à Sotteville-les-Rouen, les Cofman, Ettinger, Wetsztein, Abramovicth, Frauenthal et Ganon à Rouen, est désormais ancrée dans l'espace urbain, pour qu'on n'oublie pas. La crise sanitaire a empêché l'artiste de venir poser lui-même ses "Stolpersteine". L'inauguration a aussi été repoussée à plus tard. Au printemps, si tout va bien, une cérémonie d'hommage aux victimes sera organisée, en présence des élèves qui ont travaillé sur le sujet, et des descendants des familles honorées. Les Cohen, Kavayero, Mizrahi à Sotteville-les-Rouen. Les Cofman, Ettinger, Wetsztein, Abramovicth, Frauenthal et Ganon à Rouen. 

Nathan et Hantza Ettinger, ainsi que leurs sept enfants, ont tous été déportés à Auschwitz
Nathan et Hantza Ettinger, ainsi que leurs sept enfants, ont tous été déportés à Auschwitz - Philippe Ettinger

Ecoutez le reportage de Christine Wurtz

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