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Éducation

À Toulouse, des enfants sans école juste avant la rentrée

lundi 3 septembre 2018 à 9:12 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie

La Haute-Garonne ne cesse d'accueillir de nouveaux élèves mais au final c'est toute l'académie de Toulouse qui grossit. Avec la question brûlante des effectifs, et d'une métropole toulousaine qui vampirise les départements ruraux de l'ancienne Midi-Pyrénées.

528.000 enfants font leur rentrée cette semaine dans l'Académie de Toulouse.
528.000 enfants font leur rentrée cette semaine dans l'Académie de Toulouse. © Radio France

Midi-Pyrénées, France

12% d'élèves en plus dans notre académie depuis l'an 2000 contre une moyenne nationale  de +3.5%. L'essentiel de ces nouveaux élèves arrivent en Haute-Garonne et à Toulouse, mais les effectifs augmentent aussi à Foix ou à Albi cette rentrée.  Pour faire face, le rectorat a reçu 155 postes en plus : une centaine pour le primaire et une cinquantaine en collège et lycée. Ce qui parait très faible quand on sait que l'Aveyron par exemple manque de professeur d'anglais, de maths ou de lettres. 

La démographie galopante à Toulouse nous amène à avoir des enfants qui ne sont toujours pas affectés dans une école, des familles arrivées en juillet dans la région et qui attendaient encore vendredi où leurs enfants allaient être scolarisés. On a reçu beaucoup de mail cet été, et c'est nouveau.— Muriel Paletou, FCPE 31

ON SE POSE 3 MINUTES avec Muriel Paletou, présidente de la FCPE en Haute-Garonne

La rentrée en maternelle  à Espalais (Tarn-et-Garonne). - Radio France
La rentrée en maternelle à Espalais (Tarn-et-Garonne). © Radio France - Marius Delaunay

Antoine Loguillard, professeur d'histoire-géographie au collège de Foix (Ariège) et secrétaire régional Unsa-Education était l'invité de France Bleu Occitanie.

L'INVITÉ - Antoine Loguillard (Unsa-Education) avec Bénédicte Dupont (6'26'')

Bénédicte Dupont : Combien de postes d'enseignants manque t-il dans notre académie ?

Antoine Loguillard :  "Il manque tous ceux utilisés pour le dédoublement des classes de CP en REP et REP+ car ce sont des mesures non financées. Cela se fait par redéploiement, au détriment de la ruralité, et au détriment du collège. Le gouvernement veut un recours accru aux contractuels mais ils peuvent refuser leurs affectations notamment les petites classes rurales. Dans le Gers, par exemple, il va falloir recruter dix contractuels dans le premier degré alors même qu'on a des enseignants titulaires à l'autre bout de la France qui voudraient rentrer dans leur département d'origines, et qui ne le peuvent pas.

C'est cette différence entre Toulouse et la ruralité qui pose le plus problème ?

Oui, vu de Paris, on est dans la moyenne. Or on a une académie très contrastée : la Haute-Garonne et ses effectifs fortement en hausse, et des départements comme le Lot ou l'Ariège où on ne peut pas fermer toutes les classes et où il faut accepter qu'il n'y ait que 12 ou 15 élèves dans ces classes isolées.

On parle beaucoup de l'interdiction du téléphone portable au collège. Ça n'est pas une nouveauté en fait ?

Non et ça n'a jamais été un vrai problème non plus. La seule chose bénéfique de la loi, c'est que désormais cela va sécuriser les personnels d'encadrement qui veulent confisquer les téléphones, et il peut y avoir des exceptions pédagogiques dit la loi. En revanche,  il y aura un vrai changement d'habitudes dans la cour de récréation. Trop d'enfants s'isolent en regardant leur écran ou avec leurs écouteurs, au lieu de s'amuser entre eux. Du point de vue de la sociabilisation, c'est une bonne nouvelle.

La vraie nouveauté de l'interdiction du portable au collège, c'est dans les cours de récré. Trop d'enfants passaient leur récréation scotchés à leur téléphone.

En primaire et au collège, réforme des programmes cette année pour les matières principales. Vous n'êtes pas contents...

Non parce que le ministère nous impose une vision dogmatique, mécanique qui surfe soit-disant sur le bon-sens commun. Ça marche peut-être pour une banque, mais pas pour les écoles. Le ministre en fait pas confiance à la liberté pédagogique des enseignants. Exemple, ces CP dédoublés, mesure populaire, 12 élèves par classe, mais il a annulé une ancienne mesure, celle des "deux maîtres par classe", cela permettait d’engager des pédagogies collaboratives différentes. Gare aux mesures simplistes qui plaisent à l’opinion publique mais qui ne sont pas à la hauteur des défis scolaires. 

Quel est le point faible de notre académie finalement ?

On a parlé de la prise en compte de la ruralité, la fin du protocole gagnant-gagnant. Il y a aussi la question de l'accompagnement des enfants handicapés. Là aussi, les moyens ne sont pas à la hauteur, c'est de pire en pire car il n'y a pas assez de créations de postes d'accompagnants alors qu'on supprime les contrats aidés.

Parcoursup n'est pas pire qu'APB.

Les lycées, pas de réforme cette année. Votre avis sur Parcoursup ?

Si on résume cette plateforme à un logiciel d'affectation, alors Parcoursup ne fait ni mieux ni moins bien qu'APB. En revanche, si on regarde l'aspect accompagnement pour mieux orienter les enfants, pour limiter les échecs en licence, alors je demande à voir dans un an ou deux. Le rectorat parle de 350 jeunes sans affectation pour l'heure, ça n'est pas "anormal" par rapport aux années précédentes.