Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

"On adore notre métier mais pas à n'importe quel prix" : l'inquiétude des enseignants avant le déconfinement

-
Par , France Bleu Berry

Si la date du retour progressif à l'école est connue, il reste encore de très nombreuses zones d'ombre sur la sécurité sanitaire au quotidien des élèves et des enseignants. Une situation qui inquiète dans l'Indre et le Cher.

Les élèves vont revenir en cours progressivement à partir du 11 mai
Les élèves vont revenir en cours progressivement à partir du 11 mai © Radio France - Antoine Denéchère

Dans quelles conditions va se faire le retour progressif à l'école à partir du 11 mai ? A cette question, le Premier ministre doit apporter des réponses. Edouard Philippe dévoile ce mardi le plan de déconfinement devant l'Assemblée nationale. Le retour à l'école se fera sur la base du volontariat. Mais on n'en sait pas plus pour le reste.

Un retour prématuré dès le 11 mai ?

La date retenue pour le retour progressif à l'école suscite des interrogations. "Je ne suis pas médecin, je m'en remets donc à l'avis des médecins. Et il s'avère que le Conseil scientifique a dit qu'il ne fallait pas de reprise des cours avant le mois de septembre", rappelle Sophie Grenon, co-secrétaire départementale du syndicat Snuipp-FSU dans l'Indre. En Italie, le retour à l'école se fera en septembre. "Il faudrait un peu d'humilité de la part de nos décideurs et regarder ce qui se passe autour", ajoute Sophie Grenon, évoquant "une prise de risque considérable".

On est des gens passionnés, on adore notre métier mais pas à n'importe quel prix

Quels équipements de protection pour les élèves et les enseignants ?

Le Conseil scientifique juge le port du masque obligatoire pour les collégiens et lycéens ; adaptable pour les enfants en primaire. Il faudra aussi des stocks de savon et de gel hydroalcoolique. "On sait que le matériel ne sera pas dans les écoles pour le 11 mai", s'inquiète Sophie Grenon.

"Quand je retourne à l'école le 11 mai, est-ce qu'on aura des masques, du gel hydroalcoolique ? Combien on sera par classe ? Et qu'est-ce qu'on fait des élèves qui restent chez eux ?", s'interroge également Elodie Vieuille, secrétaire départementale de l'Unsa Education dans le Cher. 

Le syndicat est en train de réaliser une synthèse du ressenti et des attentes des enseignants. "Il y a beaucoup d'inquiétudes. Certains enseignants ne vont pas vouloir y retourner parce qu'ils ont peur d'être contaminés tout simplement. Dans notre région, il y en a qui l'ont attrapé, qui ont été hospitalisés et même jusqu'en réanimation", précise Elodie Vieuille.

Le risque sanitaire existe. Ce qu'on doit voir en premier, c'est la santé des personnes

Des écoles pas toujours adaptées 

Certaines écoles sont dans des locaux assez étroits. Dans une commune, la situation varie d'un établissement à un autre. Il faut donc prendre en compte les spécificités de chaque école. "Avant cette crise sanitaire, il y avait déjà des lacunes sur l'hygiène, par exemple sur le savon", explique Bérengère Delhomme, secrétaire départementale de l'Unsa Education dans l'Indre. Le Conseil scientifique parle notamment de l'importance des points d'eau, des robinets pour que les enfants et les enseignants puissent se laver. "Dans certaines écoles, il n'y a pas assez de points d'eau", rappelle Bérengère Delhomme.

Pour elle, la priorité doit être donnée au nettoyage et à la désinfection des locaux des écoles.

Comment mettre en place la distanciation sociale ?

Les membres du Conseil scientifique recommandent également la mise en place de la distanciation sociale. "Les écoles sont des endroits vivants. La distanciation sociale avec des enfants, c'est impossible", prévient d'emblée Sophie Grenon, du Snuipp-FSU dans l'Indre. 

"Ils ont besoin de contacts, ils ne se sont pas vus depuis deux mois, ils vont être super contents de se retrouver et de revoir leur maîtresse. Et il y en a d'autres qui vont avoir peur. On va devoir les sécuriser, c'est notre travail. Mais concrètement, comment on fait ?", s'interroge Sophie Grenon.

En résumé, l'impression des enseignants est celle d'une totale incohérence dans les annonces du gouvernement. La fermeture des écoles avait été la première décision prise par le président de la République, avant même le confinement et la fermeture des bars et des restaurants. Et la réouverture des écoles est la première décision pour le déconfinement. "On rouvre les écoles en catastrophe sans aucune concertation, c'est impossible", déplore Sophie Grenon.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess