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Éducation

Saint-Étienne : Anat 3D, la première table de dissection numérique pour étudiants à l'université Jean-Monnet

La bibliothèque santé de l'université Jean-Monnet de Saint-Etienne a inauguré son Anat 3D le 28 février. Il s'agit d'une table de dissection virtuelle qui permettra aux étudiants en médecine de pratiquer sur des corps numériques. Des dessins papier au 3D, une révolution.

Marie Gavid, enseignante-chercheur en anatomie et l'Anat 3D
Marie Gavid, enseignante-chercheur en anatomie et l'Anat 3D - Université Saint-Etienne

Saint-Étienne, France

Il s'agit d'une première en France : l'Anat 3D, un outil d'anatomie digital, sort des laboratoires pour servir à des étudiants en médecine à l'Université Jean-Monnet de Saint-Étienne. 

A la bibliothèque santé de la faculté de médecine, chaque personne dotée d'une carte étudiante peut s'inscrire à un créneau horaire et suivre une formation à cet outil, tenue par des étudiants tuteurs ou par le personnel de la bibliothèque. Cet écran tactile géant est l'un des 500 qui existent dans le monde, alors que la France en possède sept.

Un outil virtuel mais très réaliste et précis

"On peut prendre le bistouri, comme en vraie dissection. Et voilà : en transparence, on peut retirer la peau, les muscles et faire apparaître le  tube digestif, le poumon... Faire tourner le corps, voir le squelette et même le système nerveux ! On peut aussi placer des cas cliniques et pathologiques, afin de comparer l'anatomie normale et malade", présente Marie Gavid, enseignante-chercheur en anatomie.

"C'est beaucoup plus intuitif que le papier où les choses sont à plat. Là on peut mieux visualiser" Justine, étudiante en troisième année

Cet outil virtuel très précis, élaboré par des médecins et chercheurs américains, représente un coût de 85 000 euros. Soit un investissement de 80 000 euros par l'université et de sa fondation, la somme restante provenant des entreprises locales partenaires du projet. 

Une acquisition justifiée, l'appareil ayant déjà marqué une progression chez des étudiants aux États-Unis. "C'est beaucoup plus intuitif que le papier où les choses sont à plat. Là on peut mieux visualiser" explique Justine, étudiante en troisième année, avant de rajouter : "il n'y a pas de souci d'odeur, ni de contraintes d'organisation pour procéder aux TP de dissection. Cela vient en complément de l'exercice chirurgical."

Reportage à l'inauguration de l'Anat3D à la BU Santé

Des personnes qui ont existé dans la "vraie vie"

"Oui, oui ce sont des personnes qui ont existé dans la vraie vie ! ", s'exclame Manon, étudiante en troisième année de médecine. En effet, sur cette Anat 3D, on trouve des corps volontairement donnés à la science.  Les médecins les ont reproduits avec des coupes de 0.2 millimètres sur cette tablette, d'une précision extrême. "On peut aussi trouver une femme, un homme mort pendant la guerre, des images de fœtus, de scanners ou même des planches d'anatomie d'animaux pour faire de l'anatomie comparée", explique l'étudiante.

"L'autre, pour la petite histoire c'est un prisonnier américain qui a donné son corps à la science"

Vers un public plus large 

Dans le cadre d'une politique de prévention santé et de sensibilisation à l'anatomie, cet outil pourrait sortir du cadre des études de médecine et rentrer dans celui de la vulgarisation. "Cela peut aussi servir aux futures infirmières pour savoir où poser la seringue, ou même durant les formations premiers secours, ainsi qu'à montrer à des patients l'origine d'une pathologie," raconte Marie Gavid, enseignante-chercheur en anatomie. 

Un usage soutenu par l'université et sa présidente, Michèle Cottier : "nous sommes en train de travailler sur un parcours d'éducation à la santé. Celui-ci se déroulerait avec des personnes du circuit santé, mais pas seulement."

Afin de diffuser ce savoir et cet outil le plus possible dans la fac, les images de coupes 3D seront diffusées dans les amphithéâtres de l'université, pendant les cours. 

Reportage : Sophie Allemand