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Éducation

Ancienne résistante et déportée, la bretonne Marie-Jo témoigne devant les collégiens et lycéens

vendredi 17 novembre 2017 à 11:02 Par Céline Guétaz, France Bleu Armorique

Son témoignage est précieux, émouvant aussi. Ancienne résistante dès l'âge de 17 ans puis déportée à Ravensbrück, la bretonne Marie-José Chombart de Lauwe, 94 ans, rencontre régulièrement des collégiens et lycéens. Elle était ce jeudi à Saint-Malo devant 250 élèves, nous y étions aussi.

A 94 ans, Marie-José Chombart de Lauwe témoigne inlassablement devant les plus jeunes
A 94 ans, Marie-José Chombart de Lauwe témoigne inlassablement devant les plus jeunes © Radio France - Céline Guétaz

"Ce que je vais vous raconter, je l'ai vécu quand j'avais à peu près votre âge", le micro à la main, avec des mots simples, Marie-Jo commence son récit devant les collégiens et lycéens. Elle avait 17 ans quand elle est entrée dans la résistance en Bretagne, à Rennes et Bréhat où ses parents s'étaient installés. Malgré les risques, Marie-Jo, étudiante à Rennes transporte des messages : "je circulais beaucoup en train, ou à bicyclette, grâce à un Ausweiss (laissez-passer)"qui me permet de rejoindre les côtes bretonnes" . Elle rejoint alors le réseau "Georges France 31". Trahie par un agent double, elle est arrêtée le 22 mai 1942.

"On a sonné à ma porte, et on m'a dit, on vous arrête"

Marie-Jo est interpellé chez elle. 13 autres membres du réseau sont également arrêtés. Marie Jo est incarcérée à Rennes, Angers, Paris et Fresnes, elle est condamnée à mort : " on aurait pu être exécuté, mais ils ont choisi la déportation. Jusqu'au bout, on ne savait pas si on en sortirait vivants".

"A Ravensbrück, les bébés mourraient de fin et de froid"

Dans le camps de Ravensbrück, Marie-Jo est affectée à la Kinderzimmer, la chambre des enfants où elle s'occupe des bébés nés dans le camp. Le récit qu'elle fait de cette période est effrayant. "Les premières années dans le camp, les femmes accouchent et leurs bébés sont tués dès la naissance. A partir de la fin de l'été 44, les nouveaux-nés sont emmenés dans une petite pièce, où je suis chargée de m'en occuper. Il y a eu 500 nouveaux-nés, seuls une quarantaine ont pu être sauvés. Les bébés mourraient de fin, de froid, de misère. Elever un bébé dans ces conditions étaient impossibles"

Des objets précieux comme ma carte de résistante, mon brassard d'infirmière et mon numéro de matricule

Marie-José montre aux élèves des objets qu'elle a conservé précieusement. " Voici le numéro sous lequel j'ai été arrêté, le 2816. J'ai aussi mon brassard d'infirmière de Ravensbrück. Il y a aussi mon attestation de résistance et puis mon Ausweis, mon laisser-passer. Heureusement, je ne l'avais pas sur moi, quand j'ai été arrêtée"

Marie Jo montre son numéro de matricule, son brassard d'infirmière au camp de Ravensbrück, son Ausweis. - Radio France
Marie Jo montre son numéro de matricule, son brassard d'infirmière au camp de Ravensbrück, son Ausweis. © Radio France - Céline Guétaz

A son retour en Bretagne, en 1945, Marie Jo apprend que son père est décédé à Buchenwald. A Bréhat, "nous avons été aidés, accueillis, nourris par les habitants" raconte Marie Jo.

"Elle a fait preuve d'un grand courage"

Les collégiens et lycéens sont touchés par le témoignage de Marie-Jo. "Elle a vécu des horreurs, elle a eu un énorme courage, c'est vraiment un exemple pour nous" réagit une lycéenne de Dol-de-Bretagne. Une autre s'interroge : " Si cela venait à se reproduire aujourd'hui, je ne sais pas si je pourrais pas faire comme elle". Un autre élève estime : "à l'heure de la montée des extrêmes et du nationalisme dans toute l'Europe, je suis vraiment content que des personnes comme elle témoigne de cette période de l'histoire. Qu'elle nous dise, il faut absolument protéger notre modèle de société".

Les collégiens et lycéens du Pays de Saint-Malo attentifs au témoignage de Marie-Jo - Radio France
Les collégiens et lycéens du Pays de Saint-Malo attentifs au témoignage de Marie-Jo © Radio France - Céline Guétaz

Le témoignage précieux de Marie-José Chombart de Lauwe