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Après la suppression de l'instruction en famille, une maman de Haute-Savoie dénonce une mesure liberticide

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Par , , France Bleu Pays de Savoie

Depuis trois ans à Passy (Haute-Savoie), Caroline fait l'école à la maison pour ses enfants de 8 et 10 ans. Elle est sous le choc après l'annonce d'Emmanuel Macron de supprimer ce choix en 2021.

L'école de Caroline
L'école de Caroline © Radio France - Damien triomphe

Emmanuel Macron a annoncé vendredi 2 octobre l’interdiction de l’instruction en famille dès 2021, sauf pour raisons particulières notamment de santé. La mesure fait partie du projet de loi pour lutter contre les séparatismes. Elle permettrait d’éviter les dérives sectaires et séparatistes.  

Cela concerne 50.000 enfants en France. Une pétition en ligne a recueilli près de 88.000 signatures pour demander à Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale de revenir sur cette décision. 

Caroline est prête à la désobéissance civile

Depuis trois ans, Caroline éduque ses enfants de 10 et 8 ans, chez elle, près de Sallanches, à Passy, au pied du Mont-Blanc, avec son compagnon. La jeune femme de 37 ans a franchi le cap après avoir enseigné pendant plus de quatre ans. Elle ne supportait plus le cadre, les jeux de pouvoir des adultes. Caroline a démissionné de l'Education nationale et s'est formée à la pédagogie Montessori. 

Les mêmes cours obligatoires sont dispensés pour les mêmes objectifs pour tous les enfants. Sauf que, à domicile, toutes les activités sont proposées. Pour apprendre à lire ou compter, c'est selon les inspirations et les aspirations des enfants. Avoir envie d'apprendre est le cœur de cette pédagogie bienveillante. Son fils Camille, 10 ans, sait coudre, construire des meubles, etc... "Pour fabriquer une cabane, il va avoir besoin de mathématiques et de géométrie. S'il a envie de lire une histoire ou de réaliser une recette de cuisine, il devra apprendre à lire, à peser..." explique la maman. 

Des activités au rythme des enfants
Des activités au rythme des enfants © Radio France - Damien Triomphe

Cet esprit de liberté est donc mis à terre par la volonté du chef de l'Etat et la jeune maman ne l'accepte pas. Elle juge la mesure "anti-démocratique", "liberticide". "La première solution est la désobéissance civile. Si nous sommes nombreux à refuser, peut-être que cela fera-t il changer le cours des choses. L'autre option est de créer une école."

"Nous travaillons pour faire de nos enfants des citoyens qui ont un esprit critique. Et cela aide la République." - Caroline maman apprenante

Camille, son fils aîné, est moins fermé. Il se dit même prêt à essayer le collège où vont déjà des copains. Sa mère ne l'empêchera pas bien sûr : "Il veut essayer et il a le droit. Je trouve ça très chouette qu'il se laisse, lui, cette liberté. La petite, elle veut rester à la maison parce que c'est quand même plus fun." 

Lutter contre les séparatismes ?

Garder le choix. La liberté d'instruction. Le chef de l'Etat en a décidé autrement. Bien que contrôlée annuellement par l'inspection d'académie, bien que très encadrée, cette instruction en famille a aussi ouvert la porte à des dérives, parfois sectaires, parfois radicales.

Accusée d'être en marge de la République, Caroline réplique : "Nous travaillons pour faire de nos enfants des citoyens qui ont un esprit critique. Et cela aide la République."

La très grande majorité bienveillante doit-elle payer pour la minorité obscurantiste ? La question semble tranchée. Mais l'association des pays de Savoie qui rassemble ces familles apprenantes ne désarme pas et appelle sur son site internet à la mobilisation afin de "sauvegarder ce droit".  

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