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Éducation

Après les Gilets jaunes, des enseignants en colère sortent leurs stylos rouges

jeudi 10 janvier 2019 à 20:24 Par Isabelle Piroux, France Bleu Paris et France Bleu

Lassés d’être "les grands oubliés", des enseignants ont créé un groupe Facebook baptisé les Stylos rouges pour faire entendre les revendications que leurs syndicats n’arrivent plus à faire aboutir.

Un stylo rouge envoyé au Président de la République par un enseignant en colère
Un stylo rouge envoyé au Président de la République par un enseignant en colère © Radio France - Isabelle Piroux

Île-de-France, France

C'est le 12 décembre que naissent les Stylos Rouges, à la suite du discours du président de la République en réponse à la colère des Gilets jaunes. Emmanuel Macron n’a pas un mot sur la situation des enseignants et sur leurs difficultés. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le groupe Facebook des Stylos Rouges est créé. Il compte aujourd’hui plus de 60.000 membres. Il appelle tous les enseignants à envoyer au président de la République un stylo rouge pour lui faire part de leurs mécontentements.

Les enseignants s'estiment mal aimés en France

"On souffre d’un manque de reconnaissance" explique Anaïs, professeur des écoles en REP+ en Seine-et-Marne, Stylo rouge de la première heure.

"On aimerait vraiment être reconnus pour le travail qu’on fait à sa juste valeur". À 39 ans avec onze années d’expérience, et grâce aux primes qu’elle touche en REP+, Anaïs gagne tout juste 2.000 euros alors qu’elle est titulaire d’un Bac+5.

"Les enseignants sont les fonctionnaires de catégorie A les plus mal lotis" dénonce-t-elle. "On est moins bien payés que les policiers, ou les administratifs à même échelon, alors qu’on s’occupe de l’avenir de la France".

Devant une classe dans une école élémentaire de Seine-et-Marne - Radio France
Devant une classe dans une école élémentaire de Seine-et-Marne © Radio France - Isabelle Piroux

Les enseignants souffrent aussi d’un manque de considération de certains parents

"On se sent presque maltraités parfois par certains parents qui n’ont pas conscience de notre travail". Aujourd’hui, le temps de présence devant les élèves est de 27 heures pour un professeur des écoles mais avec les préparations, les réunions, il atteint 43 heures par semaine. "C’est un travail où on doit beaucoup s’investir personnellement et financièrement" explique Anaïs. "On achète un tas de choses pour la classe sur nos propres deniers et personne ne le sait".

Les stylos Rouges demandent à être mieux traités par l’Éducation Nationale

C'est surtout à l'institution, à l'éducation nationale qu'Anaïs demande de la considération. Elle déplore une gestion trop pyramidale, avec des directives et des changements qui tombent du ciel sans concertation : "On a de l’expérience, on a de l’expertise, on aimerait bien pourvoir échanger et faire remonter nos réflexions, on a l’impression d’être des pions !" 

Les Stylo rouge fustigent d’ailleurs dans leur manifeste la décision de leur nouveau ministre, Jean-Michel Blanquer, qui veut rendre encore plus strict le droit de réserve et selon eux, "museler leur liberté d’expression".

Manifeste des Stylos Rouges de l'Academie de Créteil - Radio France
Manifeste des Stylos Rouges de l'Academie de Créteil © Radio France - isabelle Piroux

Beaucoup d'enseignants assistent souvent impuissants à la détresse de leur élèves et en souffrent.

"On voudrait plus de bienveillance de la part de l’Etat pour nos élèves. Aujourd’hui dans certaines zones rurales, il y a des maternelles à plus de 32 élèves, c’est de la malveillance" dénonce Anaïs. C'est aussi le manque de prise en charge de certains enfants handicapés, ou qui nécessitent un suivi particulier qui la révolte : "Dans ma classe, j’ai deux enfants qui sont censés avoir une AVS (assistante de vie scolaire). L’une vient juste d’arriver, quatre mois après la rentrée et l’autre est toujours en attente".

Il faut plus de moyens pour l’école et les répartir plus équitablement dit Anaïs. Elle a envoyé son stylo rouge à Emmanuel Macron ce jeudi.