Éducation

Une nouvelle école à Arles, pour rendre les enfants heureux

Par Lauriane Delanoë, France Bleu Gard Lozère et France Bleu Provence mardi 12 janvier 2016 à 20:25

Une ancienne église a été transformée en salles de classe.
Une ancienne église a été transformée en salles de classe. © Radio France - Lauriane Delanoë

Le couple d'éditeurs arlésiens Françoise Nyssen et Jean-Paul Capitani a ouvert une école en septembre dernier. Une école où les enfants ne subissent pas de pression, de punitions ni de notes. Une école où leur fils Antoine, qui s'est suicidé en 2012, aurait pu être heureux.

Des élèves qui se sentent en vacances quand ils sont à l'école, voilà de quoi surprendre. C'est pourtant une réalité, à l'école du Domaine du Possible d'Arles. Créé en septembre dans la maison d'édition Actes Sud, cet établissement privé met l'épanouissement et le bonheur des enfants au cœur de sa pédagogie.

Le reportage dans l'école du Domaine du Possible de Lauriane Delanoë

Ici, pas de maux de ventre, pas de stress avant les contrôles. D'ailleurs, il n'y a ni notes, ni punitions. Simplement des appréciations, pour aider les élèves à progresser. Et des exercices de rythme, pour apprendre aux plus dissipés à se concentrer.

"J'ai l'impression d'être plus moi-même. Dans mon ancien collège, on était comme le prof voulait qu'on soit. Un élève modèle, sage, avec de bonnes notes. Ici, si on fait des erreurs, ce n'est pas grave. On apprend. " Léa, collégienne de 13 ans.

Pour sa première année, l'école accueille 31 élèves, qui ont entre huit et 14 ans. Chaque matin, ils poussent la porte d'une ancienne église, au bord du Rhône. Entre les dictées, le chant, les ateliers d'écriture... Ils y découvrent aussi la vie culturelle foisonnante de la maison d'édition. L'après-midi, direction la campagne, avec du jardinage et de l'équitation.

Les enfants sont séparés en deux classes : moyens et grands. - Radio France
Les enfants sont séparés en deux classes : moyens et grands. © Radio France - Lauriane Delanoë

Une école imaginée après la mort d'un fils.

Depuis la fenêtre de son bureau, l'éditeur Jean-Paul Capitani observe ces enfants qui jouent. "Ils sont gais, vivifiants !" Cette école, il en avait longtemps parlé avec sa compagne, Françoise Nyssen et Antoine, l'un de leurs sept enfants.

Jean-Paul Capitani, l'un des deux fondateurs

Jean-Paul Capitani veut repenser l'école, pour lutter contre l'exclusion. - Radio France
Jean-Paul Capitani veut repenser l'école, pour lutter contre l'exclusion. © Radio France - Lauriane Delanoë

"Il n'a jamais trouvé la confiance en lui et le système scolaire ne l'a pas objectivement aidé", déplore l'éditrice Françoise Nyssen. "Antoine a mis fin à ses jours il y a quatre ans, en nous demandant d'être heureux". Le couple le fait ici, avec ces enfants.

"Dans le système scolaire français, on sent un souci d'inculquer un savoir comme avec un entonnoir, presque au chausse-pied, sans se préoccuper du désir d'apprendre. Le plus important, c'est de proposer des alternatives, en dehors de ce pur stress inefficace." Françoise Nyssen, fondatrice de l'école.

L'éditrice Françoise Nyssen, devant les toiles de son fils - Radio France
L'éditrice Françoise Nyssen, devant les toiles de son fils © Radio France - Lauriane Delanoë

À savoir

L'adresse : Ecole du Domaine du Possible, éditions Actes Sud, place Nina Berberova 13200, Arles *Les tarifs_ : de 2 000 à 6 000 euros par an, selon les revenus de la famille. Trois enfants issus de familles défavorisées sont "parrainés" et payent 80 euros par mois, cantine comprise. Le_ nombre d'élèves :** 31 cette année, une centaine en septembre prochain. Les éditeurs espèrent à terme aller jusqu'au lycée, avec un internat.

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