Éducation

Au collège d'Arnay-le-duc, la MAE lutte contre le harcèlement sur internet

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne lundi 18 janvier 2016 à 21:06

Au collège, le cyber-harcèlement passe surtout par des commentaires sur Facebook
Au collège, le cyber-harcèlement passe surtout par des commentaires sur Facebook © Radio France - Marion Bastit

Du 18 au 22 janvier, la mutuelle d'assurance scolaire MAE organise une semaine de prévention contre la violence en milieu scolaire. Ce lundi, les élèves du collège Claude Pouyot à Arnay-le-duc ont abordé les risques du cyber-harcèlement.

Moqueries, coups, insultes... Au collège, plus d'un élève sur dix est victime de harcèlement. Pour lutter contre ce phénomène, la mutuelle d'assurance scolaire MAE organise une semaine de prévention de la violence en milieu scolaire. Elle a lieu dans toute la France du lundi 18 au vendredi 22 janvier. Ce lundi, les élèves de 5ème et de 3ème du collège Claude Guyot, à Arnay-le-duc, ont abordé le harcèlement sur internet, ou cyber-harcèlement, un phénomène fréquent chez les jeunes, qui sont de plus en plus connectés.

Un sentiment d'impunité

A 14-15 ans, les élèves de 3ème ont presque tous un smartphone et un compte Facebook. Alors dès que l'un d'eux met une photo en ligne, tout le monde se précipite pour commenter, et ce ne sont pas toujours des compliments. « La personne était assez forte, et il y avait des commentaires comme ''Arrête le MacDo, des trucs comme ça'' », raconte Anthony, collégien. « Ils l'insultaient, ils lui disaient ''t'es moche, arrête de mettre des photos'' », renchérit son camarade Alan.

D'autant que derrière leur écran, les élèves ne se rendent pas vraiment compte de ce qu'ils font. « Peut-être parce qu'on a l'impression d'être invincible, qu'il ne peut rien nous arriver » avance Nicolas, un autre élève. « Ils font les malins, estime Alan, parce qu'en face ils ne l'auraient jamais dit ». Pour Léa, c'est même une façon de se mettre en avant : « sur internet, tout le monde le voit, et on croit que ça nous rend plus fort ». Anthony va plus loin : « Plus on a de likes (de gens qui cliquent sur l'icône « J'aime » sur Facebook, NDLR), plus on croit qu'on est bien. »

Monde virtuel, violence réelle

Et c'est comme ça que ça commence. _« Au début, c'est un jeu, et ils ne voient pas forcément qu'ils peuvent faire du mal à la personne, _raconte Nathalie, prof d'anglais. Et puis si la personne en face le prend mal ou est fragile, ça devient assez rapidement une victime de harcèlement. » Et ce n'est pas sans conséquences pour les victimes. « Ils suppriment leurs photos, raconte Nicolas, et après ils ne disent plus rien à l'école, ils ne parlent plus. » Maëlys se souvient d'une camarade harcelée l'an dernier. « Elle était très mal, elle ne voulait plus sortir de chez elle, elle restait enfermée, elle ne voulait plus aller au collège ni rien. »

"Avec internet, le harcèlement ne s'arrête plus à la sortie du collège" Nelly G.

Et c'est pour ça qu'il faut briser le silence. « En parler à l'adulte, ce n'est pas forcément être une balance, insiste Nelly Goby, présidente de la MAE en Côte-d'Or. Au contraire, ça peut vraiment sauver des jeunes de problèmes très importants qui peuvent se terminer par une déscolarisation. » L'année dernière, plusieurs parents d'élèves du collège d'Arnay-le-duc ont porté plainte à la gendarmerie pour faire cesser le cyber-harcèlement.

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