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Au lycée de Monistrol, le portique sera un tourniquet

Par Émeline Rochedy, France Bleu Saint-Étienne Loire jeudi 28 janvier 2016 à 16:38

Le lycée Romain Rolland d'Amiens, équipé d'un tourniquet.
Le lycée Romain Rolland d'Amiens, équipé d'un tourniquet. © Maxppp - phototPQR/Le Courrier picard

Le lycée Léonard de Vinci de Monistrol-sur-Loire fait partie des trois établissements auvergnats, avec un lycée de Vichy et un autre de Clermont-Ferrand qui seront "sécurisés" en premier par le conseil régional.

"Les lycées doivent être des sanctuaires de la République !" : le 21 novembre, une semaine après les attentats de Paris, Laurent Wauquiez alors candidat aux élections régionales déclinait des propositions pour sécuriser les établissements, lançant alors l'idée des portiques "parce qu'on ne va pas laisser rentrer des armes dans l'enceinte de nos lycées". 

En fait de portique, il s'agit finalement de tourniquet, comme ce qui se profile au lycée Léonard de Vinci de Monistrol-sur-Loire. La perspective s'est invitée in extremis à l'ordre du jour du conseil d'administration, la semaine dernière. Plusieurs participants à cette réunion se rappellent même avoir entendu qu'il fallait que ça se fasse "dans les cent jours"... promesse de campagne oblige.  

Le proviseur est encore dans le flou. Il ne sait pas quel sera le modèle de tourniquet. Ni s'il y en aura un ou plusieurs. En tout cas, ce sera pour filtrer les entrées avec sans doute un badge pour chaque élève. Le lycée Léonard de Vinci rayonne sur une grande partie de la Haute-Loire avec un millier d'élèves scolarisés de la seconde à la licence professionnelle. 

Depuis les attentats de novembre, les identités sont contrôlées, les élèves doivent présenter leur carnet de liaison. Deux surveillants s'en chargent sans que ça ralentisse trop à l'entrée, d'après Jean-Luc Barthélémy, le proviseur car les arrivées sont étalées du fait de l'arrivée progressive des différents bus de ramassage scolaire.

Le lycée dispose déjà de caméras, quatre et bientôt sept au total, appareils installés sur les fonds propres de l'établissement pour se prémunir des dégradations le week-end ou pendant les vacances. 

On va "insécuriser" les lycées !

Les parents d'élèves que nous avons joints ne cachent pas leur scepticisme et se demandent même si le tourniquet fonctionnera vraiment aux heures de pointe. Ce type d'équipement aurait même l'effet inverse à celui escompté, si l'on en croit ce spécialiste de la violence, Éric Debarbieux : "On va insécuriser  les établissements. Le temps que les élèves passent, ça crée des concentrations", une cible lorsqu'un "terroriste, lorsqu'un tireur veut faire un massacre scolaire", poursuit le sociologue notamment président de l'observatoire européen de la violence en milieu scolaire.

Éric Debarbieux sur la sécurisation des lycées

La semaine dernière, en Isère, Laurent Wauquiez a annoncé que quinze établissements seraient pilotes  pour la sécurisation des lycées, avant une généralisation d'ici la fin de l'année 2016, pour un coût estimé de vingt millions d'euros, toujours selon le président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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